26 octobre, 2007

COLLUSIONS

Classé dans : France — elis @ 15:49

 Les faits révélés par « l’affaire Denis Gautier Sauvagnac (DGS) » sont particuliérement intéressants quant au fonctionnement réel, et le plus souvent ignoré, de la démocratie française.

Qu’apprend t on ?

  • Qu’un syndicat patronal -l’UIMM- avait constitué une caisse noire additionnelle-Epim, 0,4 pour 1000 de la masse salariale à partir de 2001 et 0,2 auparavant depuis 1972- aux cotisations habituelles de ses adhérents.
  • Epim concerne 1800 entreprises et 1,2 millions de salariés.
  • Les fonds recueillis, 290 millions, ont été utilisés à hauteur de 170 millions pour le « financement de divers organisations de la vie sociale patronale » ou pour « fluidifier les relations sociales » selon les deux déclarations officielles de représentants du Medef à ce jour. Les 120 millions non utilisés, bien placés, représentent aujourd’hui, une cagnote de 600 millions d’€.
  • 2 millions d’€ par an, en moyenne, pour des retraits en espèces.
  • Ceux ordonnés par DGS depuis sa nomination en en 1994 ont été révélés par Bercy et le systeme Tracfin qui signale à Bercy tous retraits en espèces anormalement élevés apparaissant dans le systéme bancaire français (lutte contre le blanchiment et la fraude)
  • Depuis la loi de 1884 sur les syndicats (patronaux ou ouvriers) qui n’impose aucune obligation comptable à ceux ci et pour lesquels toute opération « en nature » et sans aucune trace, est totalement légale, il n’y a aucun motif de poursuite ni pour l’UIMM ni pour DGS, ni aucune obligation de divulguer quoi que ce soit.

 

Quelles conclusions en tirer ?

  • D’abord que l’Elysee a probablement donné son feu vert pour la sortie de cette affaire en ce moment et que si ce n’est lui mais ses opposants il s’agit alors d’un coup à trois bandes particulièrement tortueux et difficile à comprendre
  • Que le Medef se grandirait en  « expliquant  » clairement à quoi a servi cet argent : formation syndicale, financement de la CSL et autres autonomes, et, bien sûr soutien aux patrons affrontant une grève pour qu’ils tiennent mais, pour tout cela, on serait effectivement dans un registre classique et somme toute compréhensible car il faut bien que le syndicat se défende. Si le Medef ne s’explique pas plus clairement on peut malheureusement soupçonné que ces fonds aient également financé de la corruption active : corruption de syndicalistes (achat d’une signature sur une convention collective) ou de députés par de l’argent passe muraille.
  • Mais est on sûr que cet argent n’a pas non plus servi à financer des syndicats ouvriers représentatifs ? FO par exemple . Les voies de la, corruption étant impénétrables il n’y aurait rien là de vraiment surprenant. Les syndicats n’ont pas besoin d’argent car ils sont riches( voir ci dessous) mais rien ne dit que quelques responsables syndicaux n’aient pas bénéficié des avantages du système.
  • Autre découverte : les syndicats sont riches et l’argent de toutes parts, sauf de la part des adhérents, coule à flot
    • Crédits de formation de leurs membres généreusement alloués par les collectivité territoriales et l’Etat
    • Subventions diverses parfaitement officielles…encore les contribuables qui payent
    • Et enfin, innombrables emplois de détachés permanents -indubitables « emplois fictifs » – payés par l’Etat et les entreprises publiques qui les emploient, les intéressés continuant tranquillement leur carrière à l’ancienneté comme s’ils travaillaient réellement dans un service opérationnel. Et cette fois ce sont évidemment les usagers qui payent.
    • Les chiffres sont inconnus, puisque aucune comptabilité n’existe, mais certains estiment, par des recoupements divers, entre 20 et 40000 le nombre de fonctionnaires ou agents des grands services publics « détachés » dans des fonctions syndicales
    • Tant et si bien qu’au final, les cotisations des adhérents  ne représenteraient que 15 à 20% des recettes syndicales.

 

Et c’est ici que les vraies questions se posent et que le vrai fonctionnement socio culturel de toute cette mécanique devient intéressant à « décortiquer ».

 

Rappelons nous la formule paraphrasant une célèbre définition de la démocratie: « La France est un gouvernement de fonctionnaires, par les fonctionnaires, pour les fonctionnaires »…. et de fait les conclusions s’imposent :

  • Les députés , constitués à 80% par des fonctionnaires ont-ils vraiment intérêt à changer le système? à l’évidence non. Leurs amis, leurs relations , leurs relais d’opinion, leur électorat, surtout s’ils sont de gauche, sont bien évidemment dans les syndicats. On ne va pas s’amuser à les brimer.
  • Pour les ministres c’est encore pire . Toutes leur troupes sont des fonctionnaires et celles-ci obéissent généralement aux mots d’ordre de leurs syndicats. On voit mal les ministres ne pas tenter de se concilier une telle puissance ou , à tout le moins, éviter de l’indisposer. Il fallait toute l’inconscience de Claude Allègre, un non professionnel de la politique, pour oser se payer le «mammouth»
  • Pour les cadres dirigeants des entreprises publiques , à tous les niveaux, qui sont généralement jugés ,au moins autant sur leur qualité à dégager de bons résultats, qu’à leur aptitude à entretenir un bon climat social et à éviter les conflits trop durs qu’en général on ne leur pardonne pas la logique est la même. Pour durer il faut entretenir de bonnes relations avec les syndicats, même quand votre ministre est gaulliste ou démocrate de progrès. Pour acheter cette paix sociale tout cadre dirigeant un tant soit peu ambitieux ne ménagera donc pas cette voie qui lui est toute offerte et ne se montrera pas trop regardant notamment sur les détachés syndicaux et autres petits arrangements entre presque amis.

 

Et c’est ainsi que la boucle est bouclée et qu’à tous les niveaux de la chaîne, le système ronronne calmement et s’auto entretient de lui-même : des syndicalistes heureux assurés d’une carrière paisible, des revendications, (légitimes au demeurant étant donné la fonction dévolue aux syndicats), pour augmenter salaires, primes et avantages divers dans le seteur public, des organisations rodées pour aller, lorsque c’est nécessaire, manifester bruyamment sur la voie publique avec le relai empressé des médias ( n’oublions pas qu’eux aussi dépendent le plus souvent des largesses gouvernementales quand ils ne sont pas eux-mêmes dans le service public). Et, le plus souvent, succès garanti, car en dernier ressort c’est le contribuable ou l’usager qui payent et que ceux-ci n’y verront que du feu.

Le système est intrinsèquement pervers mais difficile d’en accuser qui que ce soit. Il est tout simplement le fruit de tout système trop étatique et ne peut naturellement régresser qu’avec le recul progressif de celui-ci.

Une seule mesure s’impose néanmoins : faire entrer rapidement les syndicats professionnels, les ONG et les associations  dans le droit commun des sociétés privés quant à leurs obligations comptables : comptes certifiables et traces écrites à tous les niveaux pour les mouvements de fonds. On évitera au moins ainsi les manœuvres corruptrices et l’on entrera enfin dans l’économie du XXI° siècle. Laurence Parisot a eu totalement raison d’avancer cette proposition.

 

21 mai, 2007

stratifications sociales en France , temps anciens ,temps nouveaux

Classé dans : france d'avant — elis @ 11:54

Zadig s’était endormi. Il se réveilla en songeant à la conversation qu’il avait eu avec un grand sociologue de Lutèce à la fin des années 90 et à l’approche du 3° millénaire. Ce sociologue prétendait, qu’en cette époque, les modes de vie s’étaient terriblement uniformisés, que chacun, pauvre ou milliardaire, portait le même jean et les mêmes baskets et que les temps de loisirs , consacrés au jogging ou à la bicyclette, ne les départageaient guère plus.

 

Peut être, lui répondit Zadig, mais je ne me fierais pas trop à ces apparences. Tenez, restons en France et regardons d’un peu plus près ce que j’y discerne.

Souffrez, à l’occasion, que je ne m’embarrasse pas de nuances et que je vous assène à grands traits un peu caricaturaux la façon dont je perçois quelques vérités cachées de ce grand et beau pays.

Et Zadig s’exprima ainsi :

 

 

Reconnaissons d’abord que cette nation qui fut la première du monde au 17° siècle a peu de choses à voir avec celle qu’elle est devenue  aujourd’hui. En matière de puissance économique et militaire, bien sûr, mais encore plus en terme de culture. Plus aucune culture sinon, à l’heure ou je vous parle – nous sommes en 1990 – très majoritairement celle de la gauche du 19° siècle, qui n’est plus qu’un cadavre vide de sens et un ramassis de pensées toutes faites totalement déconnectées de la réalité.

Mais allons plus loin et parlons classes sociales puisque tel est le sujet sur lequel vous m’entreprenez.

Une population en trois strates bien distinctes :

  • l’énorme classe des retraités, prospère, surmédicalisée, entretenue, et dont on parle fort peu. Elle n’a aucun rôle dans la conduite du pays ni d’ailleurs aucune volonté collective. Elle jouit de son bien être.
  • Deuxième strate, la classe des immigrés,toujours plus nombreuse, incontrolée et incontrôlable, quasi totalement assistée et bénéficiant du soutien inconditionnel des politiques et des médias. Rassemblée dans des ghettos banlieusards, cités de béton sans âme, si ce n’est celle des lointaines TV des pays arabes relayées par les antennes satellites. Ici est un monde en devenir. Les jeunes n’ont pas de travail, forment des bandes, sont des proies toutes trouvées pour la délinquance et les trafics en tous genres. Les familles sont nombreuses. Les allocations sociales sont les premières sources de revenus. C’est le Maghreb et l’Afrique qui se transplantent peu à peu en France. Tout comme les retraités, cette strate n’a aucun pouvoir ni aucune responsabilité. Grosso modo, elle doit représenter actuellement un bon quart de la population française mais elle grossit rapidement et représentera nettement plus dans 30 ans.

 

  • Troisieme strate, et en gros troisième tiers, les actifs, ceux qui travaillent et ont leurs enfants scolarisés.

On retrouve encore dans cette population active ce qui, de tous temps, a été une des caractèristique de la France, à savoir de très fortes différenciations sociales.

Il y a d’abord les fonctionnaires et assimilés, collectivités locales, entreprises publiques, etc.., environ un bon tiers de la population active: emplois à vie garantis par un concours d’entrée, complicités communales et corporatistes pour maintenir des privilèges de connivence et de relations à tous les niveaux. Pas de place pour les immigrés dans ce système public: le barrage du diplôme  et du concours d’entrée ôte toutes chances à ceux que le système d’éducation français n’est plus en mesure de former depuis bien longtemps.

Il y a ensuite les salariés des grandes et moyennes entreprises.Ceux là, un bon quart des actifs, sont bien intégrés dans la modernité. Ils n’ont pas de problèmes particuliers.

Restent les derniers les agriculteurs, les PME, les travailleurs indépendants, les salariés du secteur privé ordinaire et des petites entreprises ; 40 % des actifs environ. Ici les revenus sont plus faibles et plus aléatoires. le poids des charges sociales et fiscales est exhorbitant, à l’exception de l’agriculture – l’un des plus sinon le plus élevé du monde, car il faut bien payer l’énorme secteur public-là encore l’un des plus élevé du monde – dans lequel aucun progrès de productivité et donc de vraie création de richesse – n’est jamais réalisé.

Enfin, voici l’élite républicaine des grandes écoles ,principalement polytechnique et l’ENA, poids négligeable et recrutement en principe très démocratique, sauf qu’en pratique, ce sont à peu près toujours les mêmes familles de la grande bourgeoisie qui permettent à leurs plus brillants rejetons d’intégrer ces hautes écoles. Cette élite est extrêmement minoritaire mais, bien plus que sous l’ancien régime, elle concentre en ses mains les deux principaux pouvoirs : le politique (ces corps d’élite verrouillent les appareils de tous les grands partis et sont pratiquement seuls à exercer dans les cabinets ministériels) et l’économique (ils sont à la tête de la plupart des grandes entreprises publiques mais aussi  souvent privées). Et comme toutes les « mafias » , ils se tiennent sérieusement les coudes pour l’attribution des postes dont leur caste est la détentrice inamovible et  immuable.

En face d’eux , deux autres pouvoirs, tout aussi minoritaires (également négligeables en masse) mais fortement pugnaces, leur dispute le leadership: les juges et les médias.

 Les premiers réussissent le tour de force de rendre une justice exsécrable (cinq ans et souvent plus pour la moindre décision de justice) et d’exploiter sans vergogne leur rattachement au pouvoir ,tantôt pour le suivre servilement quand leur parti gouverne, tantôt pour déclancher des scandales qui n’en sont pas, quand ils s’attaquent à leurs opposants politiques. Le tout en bafouant tous les jours allègrement le secret de l’instruction et en se drapant dans les grands principes. Ratés des grandes écoles qui ont leur revanche à prendre, il s’appliquent à rappeler aux politiques qu’ils doivent aussi compter avec eux et que les médias tout puissants ne sont pas les seul s à régner sur les politiques ?   Car ici arrive enfin le dernier parti ( mais non le moindre) de notre « comedia del arte » nationale: les médias, et avec eux la plus magistrale des  hypocrisies constitutionnelles. En théorie et en droit constitutionnel, le pouvoir médiatique n’existe pas. Ce qui est bien commode, car qui n’a pas de pouvoirs n’a pas non plus de responsabilité, et donc pas de contre pouvoirs en face de lui ni d’actes dont il devrait rendre compte. Et lorsque , comme en France, ce pouvoir est à sens unique* et concentré sur quelques rares titres -Le monde,Libération, Le Canard Enchainé, Le figaro à Paris et la PQR en province – qui font l’opinion et sont complaisamment relayés par les radios et les télés, non seulement l’uniformité de la pensée est totale mais aussi les hommes politiques sont rapidement mis au pas s’ils leur prend, par inadvertance, l’envie singulière de ne pas vouloir penser comme les journalistes ou de ne pas sembler vouloir penser comme tout le monde. Les moyens sont multiples: un passé soudainement ressuscité, des insinuations ou des attaques renouvelées. Des révélations sur les « affaires » etc. De toutes façons les grands médias règnent en maître sur ce qu’il faut dire et penser et s’imposent ainsi aussi bien aux politiques qu’aux citoyens ordinaires. L’embêtant, c’est que la plupart de leurs idées sont fausses et que leurs analyses sont totalement partiales, ce qui n’est pas  spécialement positif pour l’évolution du pays et pour son avenir. A la décharge des médias, on doit reconnaître au demeurant que, tout comme les hommes politiques , ils ne font que reprendre les idées des français. parfait cercle vicieux. Qui règne sur qui? Au fond, nul ne le sait tant le système de pensée français est « ghettoïsé ». Les hommes politiques et les médias savent pertinemment ce qu’il faut ou ne pas dire. Sortir du cadre , c’est prendre le risque de perdre leur pouvoir ou leur audience. Ils ne le feront pas. On peut les comprendre. Mais dans dans un tel système, malheureusement, l’objectivité, l’intelligence, le courage n’ont plus de place. On peut donc résumer en considérant que la plupart des informations publiées ou commentées en France n’ont strictement aucun intérêt et que, sur la plupart des évènements , il vaut mieux aller ailleurs que dans ou à l’écoute de nos médias nationaux pour comprendre ce qui se passe.

L’interlocuteur de Zadig trouva que cette allocution était bien exagérée et Zadig en convint. Néanmoins il repartit troublé. Et s’il y avait une part de vérité dans ce bien troublant tableau?

 

* les développements qui suivent ont été rédigé avant la montée en puissance d’internet. Aujourd’hui -2007-les choses vont et sont en train de changer, même en France.

 

 

15 mai, 2007

La France, l’Irak, les démocraties et le moyen orient

Classé dans : Monde — elis @ 15:42

  Février 2007

En France, la cause est entendue. L’invasion de l’Irak par l’Amérique de Bush a été une guerre impériale de plus , conduite par des américains avides de ressources pétrolières et se solde aujourd’hui par un immense fiasco et un bourbier dont les américains ne pourront se retirer que vaincus en laissant derrière eux un champ de ruine, non seulement en Irak mais partout dans le Moyen Orient. Leur intervention, gigantesque erreur, n’a fait qu’enflammer un Moyen Orient, qui sans cela, se porterait sans doute comme un charme ( c’est du moins ce qu’on peut en conclure). Plus une voix en France pour dévier de cette analyse, ne serait ce que d’un millimètre.

 Alors pour mon seul plaisir intellectuel et rappeler que Zadig, dans sa « naïveté », fut aussi un ardent défenseur de la pensée de « résistance » et qu’il ne voulait penser que par lui-même, tentons ici de résister à la pensée de masse. Les responsables, « en charge », ne peuvent s’en extraire,du fait même de leurs responsabilités ou de la résonance de leurs propos et de leurs écrits et c’est un phénomène dans lequel je vois de plus en plus l’une des causes essentielles des grands drames de l’humanité, type mouvement des lumières qui conduit inéluctablement à la Terreur en 1793 ou montée vers la guerre en 1914 au nom d’un nationalisme revanchard que  personne ne peut plus contester.

Je vais donc tenter de résumer ci-dessous comment Zadig 007  voit la situation de l’Irak et du moyen Orient et comment il pense que devrait se dessiner l’avenir.

 

  • 1. Le Moyen orient, dans les 10 années qui viennent et même sans doute plus, sera encore et toujours le fournisseur essentiel de l’énergie mondiale, et donc le moteur exclusif de la croissance mondiale. La propension de cette région du monde a résisté à toute tentative de subversion par la Chine, l’URSS ou un islamisme fanatique et violent à la mode Khomeini ou des gardiens de la révolution iraniens, est donc le seul élément majeur à considérer. Sous cet angle d’analyse les risques se sont ils accrus avec la chûte de Sadham?
  • 2. Je réponds catégoriquement non! 130000 soldats US sont en Irak, 50000 au moins dans les émirats. La 6 ème flotte US contrôle non seulement le détroit d’Ormuz mais tous les mouvements de l’océan indien depuis la Corne de l’Afrique jusqu’aux abords de Formose en passant par le détroit de Malacca, ce qui assure aux énormes flottes du commerce mondial une sécurité indispensable. Un redéploiement des forces US dans le monde a été effectué, à la suite de l’intervention irakienne, qui assure désormais à toute cette région un bouclier incomparable, dont l’Europe, en particulier,précédent bénéficiaire de la protection US, n’avait plus réellement besoin.
  • 3. Du coup la sécurité des alliés de l’Amérique au Moyen orient est bien mieux assurée. Et ces alliés sont plus nombreux aujourd’hui et sans doute plus sûrs qu’ils ne l’étaient hier car confortés maintenant par une présence immédiate des forces américaines, ce qui exclut tout risque de renversement par surprise à la mode iranienne comme cela s’est produit en Iran au moment du départ du Sha. Il y a certes l’Irak qui pose encore un grave problème. Mais ce n’est pas l’explosion quotidienne de voitures piégées et le meurtre de pauvres civils qui menacent réellement le pouvoir de Bagdad tant que les américains demeurent présents. Et ailleurs, les alliés «sûrs» de l’Amérique et donc de l’Europe, sont de plus en plus nombreux et bien en place. Il y a d’abord Israël dont la présence s’impose de plus en plus comme définitive aux yeux des dirigeants arabes «modérés». Il y a ensuite les émirats (qui ne craignent plus Sadham), la Turquie,l’Egypte, la RAU, la Jordanie et la moitié des dirigeants libanais en dépit de la présence toujours menaçante de la Syrie et du Hezbollah. Il y a enfin l’Afghanistan, bien sûr avec ses zones de bandes et d’islamistes fanatiques aux bordures montagneuses du Pakistan, mais, pour autant, c’est aussi un pays qui progressivement avance vers une vie moins moyen-âgeuse qu’au cours des 50 années écoulées? Au bout du compte, cela fait beaucoup de forces de progrès dans tout le Moyen Orient. Et ce n’est pas la Syrie, acculée, enfermée, qui constitue aujourd’hui une vraie menace pour la région. Elle peut encore infiltré des djihadistes en Irak ou au Liban et leur servir de base arrière mais son rôle s’arrête là.
  • 4. Aujourd’hui même (10 fevrier 2007), un progrès hier encore impensable, a vu les frères ennemis palestiniens du Fatah et du Hamas conclure un rapprochement à l’ initiative de la RAU… en attendant sans doute que celle-ci propose à nouveau ses bons offices dans le difficile dossier Irakien.
  • 5. Le vrai problème qui subsiste dans la région c’est que le jour ou Sadham est tombé, comme partout dans le monde lorsque une dictature impitoyable s’effondre, (pensons à l’ex Yougoslavie), les conflits ethniques, longtemps étouffés par la terreur, se réveillent. En Irak, Kurdes mais surtout Chiites, ont cru leur heure venue, de prendre enfin le dessus sur leurs ennemis héréditaires. La démocratisation voulue par les américains , n’a fait que confirmer les découpages ethniques et la victoire apparente des Chiites démographiquement majoritaires. Poussés par les nations arabes sunnites, en premier lieu la RAU, les américains tentent de redonner leurs chances aux Sunnites : réintégration dans les forces de sécurité du nouvel Irak, partage des ressources pétrolières en fonction de la population de chaque zone , bonne représentation dans le gouvernement Maliki en place maintenant pour 4 ans. Y aurait il solution plus pragmatique ou plus intelligente que celle tentée actuellement? Je ne le pense pas. Les suggestions des démocrates américains ou du quai d’Orsay, de dialoguer avec l’Iran ou la Syrie pour résoudre les problèmes de l’Irak sont assurément de la plus haute fantaisie. Comment demander aux incendiaires de venir éteindre l’incendie alors que ceux-ci ont tout intérêt à ce que la région s’embrase afin qu’ils puissent jouer un rôle déterminant dans le contrôle des ressources pétrolières de toute la région-avec dissémination nucléaire à l’appui-et alors qu’ils sont plutôt actuellement isolés et sur la défensive depuis la chûte de Sadham et des Talibans en Afghanistanet que ce n’est vraiment pas le moment de les présenter comme des «grandes puissances» et comme des interlocuteurs incontournables dans la Région?
  • 6. Le vrai problème de l’Irak n’est d’ailleurs pas, selon moi, ou l’on croit. Il est d’abord aux Etats-Unis. Sans la pression des démocrates pour déboulonner les républicains et sans la caisse de résonance médiatique et les vrais succès psychologiques – en terme d’influence sur les opinions américaines et mondiales pour les rebelles (mais je préfère dire les tueurs) -que représente chaque tué US ou chaque voiture piégée qui explose en Irak, dont on nous rend compte quotidiennement avec une scrupuleuse exactitude (on se demande d’ailleurs pourquoi, pour qui et par quels canaux, car cela ne peut pas être innocent), il y a sans doute «belle lurette» que le problème serait résolu. Gageons que lorsque les forces Irakiennes pourront «muscler» leurs interventions et que les médias occidentaux ou irakiens ne seront plus là pour en rendre compte la «rébellion» sera rapidement vaincue.

 

5 avril, 2007

Irak, le conflit impossible

Classé dans : Monde — elis @ 22:49

Les américains ne peuvent pas gagner la guerre en Irak. Ils ne peuvent pas la perdre non plus.Les GI et les « tueurs/résistants » sunnites ne vivent pas sur la même planète et ne  combattent pas dans les mêmes mondes.

Les premiers sont venus là avec des matériels sophistiqués et une logistique impressionnante. Leur gouvernement voulait s’installer au coeur du moyen orient, renverser un dictateur sanglant et apporter aux irakiens paix et démocratie. Il a échoué.

Car en face, pas d’armée organisée mais des clans tribaux , durs,féroces , habitués à tuer( ils étaient la police politique de Sadham), bien à l’abri au sein de leur ethnie et encore superbement armés. Et eux savent tuer, fabriquer des engins explosifs puissants et n’ont aucune hésitation à conduire chaque jour a l’abattoir, femmes, enfants ou passants innocents. Accessoirement ils trucident aussi un ou deux GI ce qui fera immédiatement les gros titres des grands networks US et rapprochera un peu plus les démocrates américains de leur prochaine victoire à la Maison blanche. Tueurs sunnites et démocrates US sont dans cette affaire objectivement alliés. Ils visent le même objectif: éliminer Bush et retrouver, chacun sur leur territoire respectif, le pouvoir qu’ils ont du momentanément abandonner. Passe encore pour les démocrates de Nancy Pelosi ou d’Hillary Clinton.Ils sont parfaitement dans leurs rôles d’opposants dans un pays ou les luttes politiques ne sont pas tendres et ou les pouvoirs des uns et des autres sont plutôt équilibrés. Mais quid pour les malheureux Irakiens qui sont l’enjeu de cette lutte ? Et que se passera t il quand les GI repartiront? On en vient à souhaiter que le gouvernement légal écrase dans le sang les derniers bastions Sadhamistes(ce qu’évidemment les GI ne peuvent pas faire,l’Amérique n’est pas la Russie en Tchétchénie) et ,sache ensuite donner tous leurs droits aux sunnites dans le cadre de la Constitution actuelle qui respecte parfaitement les droits de chaque ethnie et de chaque région, notamment pour l’attribution des ressources pétrolières.

30 mars, 2007

Ce qui se passe à Marseille

Classé dans : France — elis @ 16:26

 Essayons de comprendre

Quel est l’enjeu ?
L’enjeu apparent est de savoir QUI va brancher le tuyau qui permettra de décharger le gaz des grands méthaniers qui arriveront au port de Marseille à l’avenir. Nous parlons donc, en principe, d’une seule et unique personne. Un technicien. Environ 1000 heures de travail par an !

Le puissant syndicat des dockers persiste et signe : il a le monopole depuis toujours et donc il s’oppose à ce que GDF, qui avance des raisons de sécurité lors du déchargement du gaz, impose une personne de son choix. Un technicien professionnel.

L’ètat du conflit
18 jours que le port de Marseille est bloqué. Aucun pétrolier ne peut débarquer de brut ! 50 navires en attente. Et les médias qui commencent à alarmer les braves gens: la pénurie d’essence menace !Beau sujet pour gonfler les tirages.

et ses conséquences
1 million d’euros de pertes par jour pour l’industrie pétrolière. Soit 18 millions depuis le début du conflit ; plus 5 millions de pertes depuis le début du conflit pour les industries chimiques, et ce n’est pas fini…

Le port de Marseille est le deuxième port pétrolier en Europe. Il alimente 40% des raffineries françaises et une partie de l’Europe via la grande raffinerie de pétrole allemande basée à Karlsruhe. Si la pénurie d’essence pointe le bout de son nez, elle peut avoirpour conséquence le blocage économique d’une partie de l’Europe à la clé !

En termes d’image en Europe ce ne peut être que dramatique ! Marseille souffre déjà d’une image exécrable depuis des années à cause des multiples conflits sociaux dont elle est coutumière. Voilà une grande ville qui pourrait devenir un poumon économique rentable, mais qui est gangrénée aujourd’hui par une lutte de pouvoir comme au bon temps de la jeune Amérique quand le syndicat du crime tenait le port de New York.

A votre avis, que vont faire les Allemands ? Ils vont aller s’alimenter en brut à Trieste, en Italie. Ils viennent de commencer à le faire pour faire face au risque de pénurie. Marseille est en train de perdre des contrats ! C’est tout l’essor de Marseille qui est en jeu.Et ni le préfet, ni la municipalité ne font quoi que ce soit. Quant à nos chers medias, comme d’habitude, ils occultent soigneusement et les enjeux et tout ce qui pourrait fâcher.

Nous pourrions pourtant surfer sur la vague stratégique…Car pour l’instant, le gaz européen arrive par pipeline (tuyaux). Avec tous les risques que cela implique (les Russes n’ont pas hésité à fermer les verrous ukrainiens l’année dernière et à mettre l’Europe de l’Ouest au régime sec .

La création à Marseille d’un énorme port méthanier permettra d’acheminer en Europe le gaz par bateau. Et donc d’être moins dépendant des crises politico-stratégiques. C’est le désenclavement assuré. L’importance de cet enjeu est au coeur de la politique énergétique européenne .

On comprend du coup également toute l’importance por la CGT et pour les dockers car, qui s’assure du monopole du branchement, en l’occurence la CGT, gagne du coup un formidable levier de chantage à la  grève s’ils n’obtiennent pas ce qu »ils veulent dans l’avenir. D’ou sans doute la position de GDF qui invoque la « sécurité » pour expliquer qu’il ne peut déléguer cette fonction aux dockers. Là aussi c’est de la stratégie et un effort désespéré pour s’affranchir des chantages à venir de la CGT. Bel enjeu. et belle bagarre. Il reste à souhaiter que le plus sage l’emporte et ici il s’agit bien de GDF.

 

Ce qui se passe à Marseille dans France ligne
 

123

Ségolène Royal présidente |
Alain BAILLY | Législatives... |
Section de Sorgues |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | interlignes
| HONNEUR ET FIDELITE
| PRS Isère