12 octobre, 2010

la politique pour les nuls

Classé dans : France — elis @ 15:40

 

Zadig était content. Il était arrivé à une synthèse qu’il considérait comme puissante et définitive sur la bonne façon de comprendre la politique. Compte tenu des mots à la mode en ce  temps, il avait décidé d’une appellation attrape tout : « la politique pour les nuls »

 

La politique me dit il ? C’est simple.

Il y a la gauche et la droite

A gauche on est généreux, idéaliste, on veut changer le monde en bien pour que tout le monde soit beau, riche et bien portant et que tous ces bienfaits soient idéalement répartis ; pas de pauvres et encore moins de trop riches. Tout le monde pareil. C’est le rêve communiste et socialiste.

A droite on est des gros égoïstes. On ne pense qu’à soi et si on a de l’argent on ne veut surtout pas le donner aux autres.

Donc les gens de gauche sont les gens biens. Et les gens de droite sont les affreux.

 

Cette présentation, insistait il, n’est pas une caricature simpliste. Elle correspond de fait, à un clivage réel entre droite et gauche en ce qui concerne, en très gros et sans nuance, les individus qui les composent.

 

Partant de là, au 19° et au 20° siècle, il a paru très simple de s’engager sur ce qu’il fallait faire : communisme, socialisme et national socialisme allaient faire le bonheur de l’humanité.

 

Manque de chance, c’était une erreur car l’économie et les constantes de la nature humaine s’en sont mêlées et n’ont pas suivi du tout les schémas planificateurs et les beaux rêves de transformation radicale que l’on comptait  réaliser.

 

Il faut donc gratter un peu plus et, surtout, introduire l’économie, pour comprendre ce que sont aujourd’hui des politiques de gauche et des politiques de droite.

 

Les politiques de gauche :

 

  • On est avant tout idéaliste et généreux. On veut qu’il n’y ait plus de pauvre et, comme on est en démocratie, et qu’on veut prendre le pouvoir pour faire le bonheur des pauvres, c’est à eux qu’on s’adresse pour se faire élire. Votez pour nous et nous combattrons toutes les injustices et les inégalités et, pour que tous vos problèmes soient résolus, nous prendrons l’argent des riches.
  • Le message est donc fort simple et imparable. Il n’a rien perdu de sa force aujourd’hui et il est toujours aussi efficace. En démocratie parlementaire, il permet de prendre le pouvoir car comme il y a généralement plus de pauvres que de riches, cela ne marche pas trop mal.
  • Ensuite la gauche s’essaye à réaliser ses promesses et faire passer dans les faits son message messianique. Il lui faut donc prendre au «riches» et donner aux «pauvres». Evidemment ces notions sont toutes relatives. Qu’est ce qu’un riche et qu’est ce qu’un pauvre? Et c’est ici que commence son vrai travail:

 

  • o Elle doit réglementer, sortir d’innombrables lois et règlements et surtout modifier sans cesse son système fiscal.
  • o Elle doit aussi encadrer , sanctionner, sévir.
  • o L’Etat est donc plus puissant que jamais. Il réglemente dans le détail la vie des citoyens. Il intervient sur tout et sur rien et les textes légaux ou réglementaires sont fluctuant, changeants, innombrables.

 

  • Evidemment , avec de telles actions, des effets pervers s’installent dont deux essentiels:
  • o D’une part les pauvres ne sont pas très enclins à travailler puisque l’Etat s’occupe d’eux, les nourrit, les protège et les soignent
  • o Et les riches n’y sont pas très enclin non plus, non seulement parce qu’ils sont montrés du doigt et désigner comme des profiteurs, mais aussi parce que gagner de l’argent ne sert pas à grand-chose puisque l’Etat cherche par tous les moyens à le leur confisquer pour le donner aux «pauvres».

 

  • Et c’est ainsi que selon des degrés divers, selon les temps et les époques, les politiques de gauche, fort bien intentionnées, conduisent à une stagnation générale de l’économie ou à son appauvrissement tant et si bien que les riches ne s’enrichissent plus mais que les pauvres non plus, car il y a de moins en moins de richesses à redistribuer. Comme le disait Churchill, non sans humour, «la vertu essentielle du socialisme, c’est qu’il répartit équitablement la pauvreté».
  • A cet égard, l’exemple d’un pays comme la France est intéressant. Est-on en régime de droite ou de gauche? socialiste ou capitaliste? La réponse devrait est assez évidente avec les grandeurs de la comptabilité nationale. Avec 45%du PIB en prélèvements obligatoires et 55% du PIB de dépenses publiques, on peut dire que la France est juste au milieu, ni socialiste, ni capitaliste et de fait c’est vrai! La France a une vraie économie mixte, en apparence du moins, car dans la réalité c’est parfois plus subtile notamment les riches se débrouillent pas trop mal et les supposés pauvres également car dans le maquis des lois et règlements on peut toujours louvoyer.

 Mais ce qui reste sûr c’est qu’avec cette mixité économique la France ne sortira jamais d’un taux de chômage structurel élevé et que sa capacité à créer beaucoup de richesses restera toujours handicapée.

  • Une dernière caractéristique de la gauche mérite d’être mentionnée: la gauche déteste la concurrence et la compétition. On peut la comprendre. Pourquoi se stresser pour faire mieux que les autres quand on peut être si bien à contempler les fleurs et les petits oiseaux et que le stress trop prononcé est mauvais pour la santé. L’embêtant c’est que ce sont précisément la concurrence et la compétition qui font que l’humanité progresse et, surtout, que la richesse s’accroit. La plaie essentielle ce sont les monopoles, publics ou privés. Pour eux pas de problème, quelque soit la qualité de leurs prestations, ils fixent les prix et remportent la mise. Personne ne viendra les contester puisqu’ils sont seuls sur le marché. Dans les pays socialistes il n’y avait qu’eux. Bonjour les dégâts. En France, il en reste pas mal dans «les grands services publics» et l’on voit ce que cela donne. Recrutements par «recommandations familialesou syndicale», salaires et horaires confortables, avantages divers à tous niveaux et organisation maximum pour démontrer aux pouvoirs politiques qu’on est exploités et très mal payés. Et ça marche toujours, notamment pour les médias publics, leurs frères, qui les adorent et qui ont bien compris qu’en les soutenant à fond ils gardaient eux aussi l’essentiel de leurs privilèges, parfois exorbitants.

 

 

 

Les politiques de droite

 

C’est plus complexe que les politiques de gauche car elles sont diverses.

Pour comprendre commençons par nous demander ce qu’est un électorat de droite.

 

Première acception : des gens plutôt âgés, plutôt conservateurs et traditionalistes et, surtout, assez aisés et nantis. Ils  ont des biens à protéger et à faire fructifier. Ils sont peu enclins aux aventures et  sont fortement attachés à leurs droits de propriété. Occasionnellement ils peuvent être généreux mais, fondamentalement, c’est d’abord travail, famille, épargne et tradition. L’église, l’armée les dynasties de notables locaux étaient jadis le débouché naturel de leurs rejetons. Aujourd’hui il reste les filières familiales et le souci de protéger l’argent ou les pouvoirs acquis ou hérités. Les gens de droite traditionnels sont donc dans l’ensemble plutôt sérieux, plutôt travailleurs et conservateurs.

Tel est le premier électorat de droite, très fortement représenté en France, notamment à l’UMP.

 

Mais il y en a une autre façon de définir un électorat de droite, qui n’a strictement rien à voir avec le précédent. En effet cet électorat de droite est très peu représenté en France, mais il l’est fortement ailleurs, notamment aux Etats Unis et dans l’ex Europe de l’Est.

Cet électorat là ne se définit pas par son côté conservateur mais beaucoup plus par son côté résistant et libertaire.

Il a fortement subi les contraintes et les oppressions du trop d’Etat. Rescapé des dictatures de tous bords, militaires, communistes, national- socialistes, il sait ce que sont les esclavages des hommes dans les Etats totalitaires et il n’acceptera jamais d’y revenir.

Il se méfie donc viscéralement du trop d’Etat et il est fortement attaché à sa liberté, liberté de conscience, de religion, de parole, d’expression, d’entreprendre, de créer et même de porter une arme pour se défendre. On reconnaît là immédiatement la Constitution américaine, la plus vieille du monde, celle des pères fondateurs et celle qui a fait la force de l’Amérique tout au long du XX° siècle. Les pèlerins du Mayflower, pauvres, religieux, voulaient échapper aux Etats Leviathan  européens avec leurs strates sociales affirmées, leur bellicisme entre nations, leurs contraintes carcérales et judicaires fortes, l’impitoyable dureté de leurs pouvoirs centraux. Ils y ont réussi et se sont empressés de créer un autre type de nation ou aucun pouvoir ne peut s’exercer sans retenue et ou il trouve toujours en face de lui un autre contre pouvoir aussi fort que lui. C’est la clé de la protection des individus contre les tentations de pression de pouvoirs centraux trop forts.

Les « tea party » qui se dressent aujourd’hui contre Obama, n’y vont pas par le dos de la cuillère. Malgré le côté « folklo » ou excessif de leurs slogans, il faut tout de même souligner leur extrême volonté de retour aux valeurs fondatrices de l’Amérique : « le moins d’Etat possible … et chacun pour soi ». Que les meilleurs, les plus courageux s’en sortent seuls et redonnent sa force à l’Amérique. Incompréhensible pour des européens bien sûr !

 

Zadig m’assène alors sa conclusion définitive. Pour clairement distinguer la droite de la gauche, je vois en définitive trois critères essentiels

 

  • Le plus ou moins d’Etat…. au-delà des indispensables fonctions régaliennesque tout Etat se doit d’assurer efficacement : défense, diplomatie, police , justice, mais aussi soins, charité et education pour les plus pauvres et les plus démunis

 

  • Le citoyen assisté, (entravé, «enchainé») ou le citoyen libre qui doit d’en sortir tout seul, l’assistance n’étant pas une valeur positive pour la bonne santé psychologique des hommes, ni pour leur bonheur ou leur développement harmonieux.

 

  • Le refus ou l’acceptation des monopoles publics et privés

 

 

Avec ces trois critères en tête, il est toujours intéressant de voir si ce que font les gouvernements est de droite ou de gauche. En France, conclut Zadig, je reste parfois pantois au regard des actions préconisées ou engagées par les partis de droite. En général, tous sont partisans de plus d’Etat (défense de l’agriculture, des grandes entreprises nationales, renforcement des capitaux publics dans leur actionnariat,etc..), innombrables systèmes d’aide et d’assistance en tous genres et aucune réaction devant les grands monopoles, notamment publics, tels la « sécu », l’énergie ou les transports. On ne voit que Bruxelles  pour les critiquer et avec, le plus souvent , une forte désapprobation des droites françaises.

La France de droite doit être une France de gauche qui s’ignore !

 

 

15 janvier, 2010

boursiers grandes ecoles

Classé dans : France — elis @ 10:14

 Zadig qui résidait en notre beau pays de France pendant ces longues journées d’hiver s’ennuyait quelque peu et parcourait les gazettes sur les sujets les plus divers. Il était tombé ce mois ci sur un débat qui faisait rage et dont il désirait m’entretenir car il doutait d’y voir clair. Pourquoi les classes sociales du royaume sont elles tellement stratifiées et rigidifiées et est ce du au système des grandes et des moyennes écoles dont la France est si férue et les boursiers qui sont ils ?

Je crois me dit il qu’il faut commencer par un problème de vocabulaire sur ce débat qui fait rage actuellement (Nous étions en janvier 2010).

Le vrai sujet, exprimé en termes non biaisés, devrait être : « admissions parallèles dans les grandes écoles pour des élèves considérés comme défavorisés et de ce fait exemptés du concours d’entrée auxquels sont soumis tous les autres ».

Evidemment, exprimé le sujet en ces termes, c’est déjà se positionner du côté de la position des grandes écoles (cf ci-dessous) et c’est pourquoi les grands medias et toute la gauche du royaume ont déjà choisi un autre titre, bien plus porteur pour eux : « les grandes écoles refusent les boursiers », sous entendu, il faut avoir une famille riche pour faire les grandes écoles. Bien intéressant pour illustrer la force de la sémantique et la parfaite non impartialité des mots. Cf : l’usage qu’en ont toujours fait les régimes totalitaires, en particulier communistes, ou encore le « novlangue » du 1984 d’Orwell et, donc, aujourd’hui, la gauche française et nos chers médias inféodés, non par idéologie, eux, mais plus simplement parce que c’est là qu’ils savent trouver l’essentiel d’adéquation avec leurs auditeurs et aller ainsi dans le sens de leurs intérêts bien compris. Plus d’audience et donc plus de chiffre d’affaires. Un Candide ne pourrait manquer d’observer : mais où est donc l’objectivité et l’indépendance journalistique dans tout cela ? Nulle part, mon cher Watson, ou plutôt mon cher Pangloss, mais ainsi va le monde et il en a toujours été ainsi. L’intérêt bien compris est toujours ce qui a majoritairement guidé les actions humaines. Le désintéressement et l’altruisme étant eux, en général, minoritaires.

Ce bien trop long préambule étant fait, tentons de revenir à notre sujet pour essayer d’y voir clair.

La question est donc simple : faut-il faire de la discrimination positive pour 30% des futurs élèves des grandes écoles françaises ?

Ses partisans s’appuient sur un fait indiscutable. La proportion d’élèves issus de classes défavorisées n’a jamais cessé de diminuer depuis 30 ans et les élites s’auto-entretiennent dans les seuls milieux favorisés ce qui clive toujours plus la société française à l’heure de l’immigration massive. Car c’est bien là qu’est le problème. Ce n’est plus la classe ouvrière qui est défavorisée. Elle n’existe plus. Mais bien les « gosses » des banlieues et accessoirement ceux des commerçants, agriculteurs, artisans, professions indépendantes, artistes et autres milieux sportifs ;  mais, eux, vivant dans un véritable courant dynamique de la société française, n’ont jamais vraiment eu besoin des grandes écoles pour réussir. Leur parents leur montrent la voie, les initient, et en font souvent leurs successeurs. Chez les sportifs de haut niveau et encore plus les artistes reconnus, c’est évidemment spectaculaire. La richesse et la notoriété se perpétuent sans problème.

Mais revenons à nos grandes écoles. Face à leurs opposants, les grandes écoles font valoir des arguments tout aussi indiscutables que celui de l’élitisme qu’on leur reproche: l’inégalité des chances devant le concours est non seulement contraire à la Constitution et à l’esprit de notre grande devise républicaine ( liberté, EGALITE, fraternité) mais elle introduira nécessairement un abaissement du niveau de recrutement et donc de la qualité des grandes écoles françaises. Elles se prononcent donc plutôt pour un soutien individuel et personnalisé aux « boursiers » pour leur permettre d’arriver aux concours unique avec les mêmes chances que les élèves issus de milieux plus favorisés. Elles estiment que c’est la voie la plus réaliste pour ne pas faire baisser le niveau général tout en démocratisant le recrutement des élites. Argument peut être valable.

Pour ce qui  me concerne, me dit Zadig, la question me semble difficile à résoudre. Primo j’aime bien le concours républicain, égalitaire et égal pour tous. Que les plus intelligents et les plus travailleurs l’emportent. Mais bien sûr c’est trop simple. Il y a un tel décalage de culture, d’éducation et de mode de vie entre les banlieues, la classe moyenne et les élites ! ces dernières sont tellement favorisées pour pousser leurs rejetons dans les grandes écoles, que l’on voit mal comment résoudre de tels fossés.

Pour les rejetons de la classe moyenne cela pourrait peut être fonctionner si l’on se décidait à remettre en place des systèmes de sélection efficaces, peut être même dès l’entrée en sixième, puis pour l’entrée dans le second cycle, et bien sûr à l’entrée des universités si la doctrine du bac pour tous continue à être appliquée et que l’entrée dans le second cycle n’est pas filtrée. On verrait arriver ainsi dans les grandes écoles les plus intelligents et les plus travailleurs d’une même classe sociale, le soutien des parents, très majoritairement secteur public et assimilés, serait à coup sûr sensiblement le même dans toutes les familles.

 

 Ce modèle ne résoudrait ni l’entrée dans les Grandes écoles les plus prestigieuses (ENA,X,HEC, etc…), ni le problème des banlieues mais il permettrait déjà de résoudre une partie importante du problème.

Pour les grandes écoles « prestigieuses », gageons toutefois que des filières parallèles issues d’un système universitaire très sélectif, et introduite au niveau master par exemple, commencerait toutefois à résoudre une bonne partie du problème de niveau égal entre tous les entrants, les meilleurs rejetons de la classe moyenne arrivant sans doute ainsi au niveau des bébés de familles ENA, X ou HEC.

Restent les banlieues et, là, les difficultés sont énormes . Zadig poursuivi : quelqu’un me soufflait un jour une idée intéressante : pourquoi ne pas encourager largement la discrimination positive comme à Sciences po pour toutes les grandes et moyennes écoles? Mais ensuite, travail approfondi, contrôle continu pendant trois ans, éliminations éventuelle tous les ans de ceux qui ne peuvent pas suivre et, pour finir, classements de sortie publics et connus de tous, la même rigueur valant dans  les quelques 200 grandes et moyennes écoles de France. En somme y entrer ne serait qu’une étape, il faudrait aussi en sortir, ce qui n’est certainement pas le cas actuellement, mais aussi en sortir au meilleur rang possible. Horrible système à la japonaise pour tous les enfants de France. Compétition encore et toujours, sélection et écrémage permanent. Qui pourrait bien vouloir d’un tel système aussi contraire à notre modèle dominant ? Ce serait pourtant le seul qui permettrait d’avoir des élites indiscutables puisque recrutées dans toutes les classes sociales et sélectionnées par les seuls critères des dons scolaires et du travail. Je serais même enclin à penser, me dit Zadig, que si, plus autonomes et plus indépendantes d’oukases politiciens, un certain nombre de grandes et moyennes écoles s’engageaient dans cette voie, le gros des troupes, pour garder son rang, ne tarderait sans doute pas à suivre et cela, tous comptes faits, pourrait peut être fonctionner.

Je n’étais évidemment pas aussi rêveur que lui et je ne pus manquer de sourire en lui disant « Eh bien mon cher Zadig, vous n’êtes peut être pas encore le meilleur connaisseur des us et coutumes de nos compatriotes »

15 mai, 2009

L’economie à l’envers

Classé dans : Monde — elis @ 21:13

 

Zadig avait décidé, depuis quelques semaines déjà, de tenter de comprendre quelque chose à l’économie mondiale et aux mouvements boursiers qui lui paraissaient sombrement mystérieux. Et, ce jour là, il revint vers moi en me déclarant que décidément le monde économique marchait sur la tête et que tout s’y déroulait de façon totalement inverse au regard de ce que le moindre bon sens suggèrerait.

 

D’abord, me dit il, les mouvements boursiers sont tellement prévisibles et tellement moutonniers que cela en est désespérant.

 

A)  Il y a les jours ou les nouvelles ne sont pas très bonnes et alors tout s’enchaîne, commandé à l’évidence par les principales banques américaines :

 

  1. remontée du dollar : les capitaux se repositionnent sur les bons du trésor US.
  2. les programmes automatiques de vente se déclanchent : on brade tous les secteurs dans un savant équilibre ordonné par les machines : pétrole et matières premières, puisque l’économie est sensée ralentir ; or, puisque le dollar se redresse et que sa valeur en or , comme les matieres premières, doit décliner en dollars constants, et enfin tous les bonds, étrangers, industriels, etc…puisque tous ces emprunteurs auront de plus en plus de mal à rembourser.
  3. banques et autres secteurs fragilisés en premier par la crise suivent, puis tout le reste de la côte dans une moindre mesure.
  4. les traders du jour s’en mêlent et, en bons « momentum », suivent le mouvement. Ils gagneront un peu d’argent, et peut être même plus, s’ils ont de bonnes couvertures, entre l’ouverture et la clôture de Wall street.
  5. C’est réglé comme du papier à musique, et cela fonctionne sans surprise puisque Wall Street commande et que le monde entier s’aligne.

 

B)  Et puis il y a les jours ou les nouvelles ne sont pas trop mauvaises ou encore le gouvernement, la FED ou Obama par un beau discours, ont laissé entrevoir quelques lueurs d’espoir. Alors là, c’est  évidemment, et par une symétrie parfaite, le mouvement inverse :

 

  1. remontée des bancaires , du bàtiment, des industrielles et, par mimétisme, de toute la côte, y compris  tous les marchés étrangers, en commençant par l’Asie puis l’Europe, tout le monde s’alignant sur les cotations en continu de Wall Street, et dans la foulée…
  2. remontée des matieres premières et de l’or,
  3.  en attendant le suivisme intéressé des traders qui dans la journée joueront la hausse.

 

C)  Qu’ en conclure ?

 

  1. D’abord que Wall Steet demeure le centre du monde boursier  et que les nouvelles qui parviennent de l’économie US demeurent le seul et unique baromètre boursier, mais aussi économique, puisque, notons au passage que quasiment  tous les instituts de conjoncture et les prévisionnistes du monde entier reprennent les mouvements de wall Street pour étayer leurs commentaires.

 

  1. Et que cela n’est pas très sérieux puisque en fait « Tout Devrait Fonctionner A L’envers » :
  • a. Défiance croissante envers les US, leurs dettes abyssales, leurs déficits records qui s’aggravent et leurs méthodes pour le moins douteuses- fabrication de monnaie- pour apporter de l’argent frais en quantités astronomiques à des banques ou des sociétés d’assurance au bord de la faillite.

 

  • b. A l’inverse de ce qui se passe, toute mauvaise nouvelle à Wall Street ne devrait entraîner, dans ces conditions, qu’une nouvelle dégringolade du dollar….
  • c. Suivie au minimum par une remontée de tous les actifs côtés en dollar pour maintenir au moins leur valeur en dollars constants
  • d. Enfin, il ne devrait y avoir aucune raison pour que les valeurs du reste du monde bougent, sauf nouvelles spécifiques les concernant .
  • e. Mais ce n’est pas ce qui se passe. Les Goldmann sachs, Bank of America City group et consort , soutenues à bras le corps par la planche à billets du gouvernement américain, font toujours la pluie et le beau temps.

 

Or, me déclara Zadig, pas plus qu’en 1929 les plans de relance de Roosevelt ou, en 1980, ceux du gouvernement japonais , n’ont pu arrêter les crises et n’ont sans doute fait que les  prolonger, il risque fort de se passer la même chose cette fois ci.

En économie tout se paye, les bulles finissent toujours par éclater et les déséquilibres sont toujours corrigés. Plus les manipulations perdurent, et plus dure sera la chute.

Selon moi, me déclara Zadig en soupirant, le retour à une économie assainie n’est pas pour demain !

 

30 mars, 2009

Poussières d’Empire

Classé dans : France — elis @ 9:08

 

 

7 février 2009

 

 

Poussières d’empire

 

Zadig qui passait ses vacances aux Antilles, en était revenu par manque de personnel- tous en grève- dans l’hôtel où il résidait. Il était particulièrement surpris par la tonalité et le contenu des commentaires médiatiques et politiques sur cette étrange affaire. On parlait de réflexes colonialistes, de conditions de vie très dures dans nos départements d’outre mer et pour tout dire d’exploitation de nos pauvres compatriotes ultramarins par les Békés, descendants, semblait il, des anciens maitres blancs

Zadig qui n’y comprenait pas grand-chose s’était tout de même fait quelques remarques de bon sens.

Nos dom/tom, avait il constaté, sont des lieux merveilleux. Chaleur, topiques, plages de rêve, fruits exotiques et splendides montagnes volcaniques. Des paradis touristiques indiscutables et des équipements collectifs déjà en place et de qualité.

Les citoyens français de nos Dom/TOM, se disait il,  ont tout pour être heureux : environ 50% de fonctionnaires, tous les avantages sociaux( RMI, RSA,allocations familiales etc..) et les règlement du travail de la métropole pour l’essentiel. Très peu d’emplois privés, donc a priori, peu de salariés exploités par de vils capitalistes, et une économie dont les dépenses publiques doivent représenter 80% du PIB considéré. Bien sûr cela devait avoir un coût exorbitant pour la métropole. Et de retour en à Paris Zadig avait fini par trouver quelques chiffres : 7 milliards d’€ pour le budget de la République, un côut par habitant des DOM/TOM pour les contribuables métropolitains qui dépasse largement ce que l’Etat républicain consacre à ses concitoyens métropolitains. Si les chiffres recueillis par Zadig étaient exacts- mais chut , on n’en parle jamais, il y a de quoi être particulièrement heureux pour nos compatriotes des Antilles. 5800 € par tête d’habitant pour eux et 1800 € en métropole. Franchement il y aurait plutôt à plaindre les banlieues métropolitaine que les banlieues antillaises. Et en plus elles ont le soleil.

Le premier réflexe du citoyen français de bon sens, et informé, devrait donc être de donner leur autonomie et encore mieux leur indépendance à nos poussières d’empire, on y gagnera beaucoup d’argent et nos compatriotes ultra marins pourront enfin prendre en charge leurs problèmes et s’investir dans de vraies activités marchandes. Donnons leur la maîtrise du développement, du commerce et du tourisme local et nous continuerons à aller passer nos vacances chez eux les liens familiaux nombreux et solides existant de part et d’autre de l’océan seront autant d’atout pour la réussite d’une telle transition.

 

19 février 2009

 

On croit comprendre que le gouvernement français a été une fois de plus très généreux. 580 millions d’€ pour la guadeloupe. Ce ne sont même pas les békés qui vont payer, semble t il, mais les contribuables métropolitains. Les békés donnent une prime à une foule de gens et on compense en diminuant les prélévements sociaux. Fillon  avait tenté de bien travailler. Il semble que Sarko l’ait recadré. Mais quels sont donc les gens qui défendent en France les monopoles guadeloupéens avec une telle efficacité ?

 

30 mars 2009

 

C’est la grande nouvelle du jour. Les Mayottais se sont massivement prononcé pour un rattachement à la République française et à ses innombrables fromages.

Au moins ils ont parfaitement compris à quel jeu jouaient les responsables français et le quai d’Orsay probablement. Saluons donc leur intelligence et accueillons les de bonne grâce dans nos poussières d’empire. Les habitants des Grandes Commores continueront d’immigrer en masse vers Mayotte. Au moins on continuera ainsi à soulager un peu (un tout petit peu) toute la misère du monde. Comment en vouloir à qui que ce soit ? Mais n’espérons pas avec de telles pratiques on puisse rétablir un jour l’équilibre de nos dépenses publiques.

1 février, 2009

Gaza

Classé dans : Monde — elis @ 14:37

 

GAZA

 

Zadig est venu aujourd’hui déjeuner avec moi. Ouf, me dit il, je suis rompu. Je viens de passer un mois en Egypte, à côté de Gaza, et j’ai tenté de saisir la réalité profonde et les enjeux de ce conflit tout proche. Pas facile, et dans mon esprit, bien plus d’interrogations que de certitudes. Tenez, si cela vous intéresse, j’ai pris quelques notes au jour le jour. peut être saurez vous, mieux que moi, les interpréter.

Zadig reparti, je consultai les notes qu’il avait prises et qu’on trouvera ci après. Au bout du compte, malheureusement, je demeurai tout aussi perplexe que lui. Mon ami ne pourrait guère compter sur ma pauvre personne pour se montrer plus perspicace que lui sur les voies de l’avenir et les intentions réelles des grands de ce monde et du monde arabe dans ce conflit affligent.

 

 

03/01/2009 10:43

 

Et si la communauté internationale jouait finement ?

Curieux ce voyage le 30/12/08 de Tzipi Livni à Paris .

Curieux tout autant ce voyage de Sarkozy au moyen orient du 5 au 6 janvier 2009 accompagné d’autres représentants européens.

Et curieux enfin cette déclaration de Bush, la première depuis le début des bombardements sur Gaza, selon laquelle il faut à Gaza un vrai cessez le feu avec la fin des tirs de roquettes sur Israël et un vrai contrôle des armes qui entrent à Gaza.

Alors, allons jusqu’au bout de nos rêves d’action concertée intelligente, et imaginons que tous les pays arabes « pacifistes » de la région soient d’accord pour dire au Hamas : l’Europe est prête à vous envoyer une vraie force de paix et plus seulement à être votre premier bailleur de fonds mais, en contrepartie, il faut que les tirs de fusée Khassam cessent et que les tunnels Egypte Gaza soient contrôlés par cette force euuropéenne. Il faut aussi que Fatah et Hamas discutent pour reconstituer une représentation réellement démocratique du peuple palestinien. Si vous acceptez cela, Israël cesse immédiatement ses bombardements, votre légitimité à Gaza n’est plus contestée jusqu’aux prochaines élections et la force de paix européenne et arabe entre très vite à Gaza. Bien entendu , l’ONU donne son feu vert à cette nouvelle force de paix et, bien entendu aussi, les Américains n’y participent pas.

Un remarquable succès pour Sarkozy et pour l’Europe mais qui continuera à contrôler Gaza dans les ruelles et dans les immeubles :Hamas !

Du coup il manque encore au moins deux choses : le contrôle de la TV hamas, une présence médiatique du Fatah à Gaza et un report à au moins 1 an des prochaînes élections. Le Fatah aurait peut être encore une chance de ne pas être de nouveau débordé par le Hamas ; Et c’est aussi pourquoi ce dernier refusera ces deux dernières conditions et c’est aussi pourquoi le plan de la communauté internationale et de l’Europe échouera.

Dernière « colle » : que vise Israël en envahissant Gaza, faire cesser les tirs de roquettes ou éliminer Hamas ? L’un et l’autre ne sont pas une partie de plaisir mais le deux parait quasiment inatteignable…sauf conditions évoquées ci-dessus : d’abord une force européenne qui s’installe (et qui a pouvoir de police sur les tirs de Kassam, les actes de terrorisme et les livraisons d’armes dans l’enclave), une représentation mixte (Fatah Hamas), des palestiniens à Gaza et le contrôle des médias

Alors quid au bout du tunnel ?

 

 

11 janvier 2009

 

La solution à Gaza ne peut être que partiellement militaire. Elle passe par la neutralisation  du HAMAS. A entendre les médias de gauche , type Arte, l’attachement des palestiniens pour le Hamas se renforce tous les jours et le Fatah est tous les jours démonétisé un peu plus. Pas si sûr. A Ramalha les manifestations de rues pour le Fatah et la « haine » contre le Hamas, paraissaient au moins, sinon plus fortes, que celles des partisans du Hamas. Et c’est bien là que se joue la seule solution possible : la prise du pouvoir à Gaza par le Fatah. On peut donc imaginer que les Etats-Unis, les Etats arabes modérés, l’Europe, jouent la même carte, renforcent le Fatah en moyens militaires et financiers et laissent Israêl tenter de réduire encore le Hamas. D’abord en contrôlant de plus en plus efficacement la frontière Egyptienne, c’est le plus facile, et ensuite en isolant plusieurs quartiers différents de Gaza  pour localiser, par un quadrillage de plus en plus fin, les milices du Hamas, et les neutraliser. Côté Hamas la tactique est plus simple et plus efficace aussi : se fondre dans la population et avoir des tirs de roquettes le plus mobile possible et sur tout bombardement de Tsahal sur eux, avoir des journalistes d’Al djajirah pour rendre compte au monde entier des massacres Israëliens. Si cela dure encore longtemps, on peut craindre qu’ils ne soient gagnants. Paradoxalement, leur victoire dépend du nombre de gazaouis qu’ils arrivent à faire tuer par Tsahal interposée. C’est tout le problème et il est essentiellement militaire. Je ne voudrais pas être à la place des chefs d’Etat major israêliens.

Si Israël réussit on peut aussi s’interroger sur le meilleur moyen de redonner le contrôle de Gaza au Fatah. Là aussi ce ne sera pas une partie de plaisir : une force interarabe/ONU en gouvernement provisoire avec du Fatah associé ? Il n’y a pas d’autre solution. Puis très vite , pilotée par l’équipe Obama, forcer Israêl à des abandons significatifs en Cisjordanie et à la création d’un Etat palestinien fiable. Laissées à elle mêmes, les deux parties ne parviendront jamais à un accord. Seul Washington, l’Europe et l’ONU peuvent donner aux palestiniens un Etat stable et valable, pas celui de 1947, trop réducteur pour les passions israëliennes.

 

19 janvier 2009

 

Cette fois on y est. Après 3 semaines de combat à Gaza, Israël a décrété un cessez le feu unilatéral et se retire progressivement. La surprise c’est que le Hamas vient d’interrompre ses tirs de roquettes. On peut donc penser qu’il a subi des revers importants, qu’il manque maintenant de combattants et d’armement, ou qu’il craint quelque chose, dans ce qui a été négocié au Caire, s’il continue.

On peut, en effet, raisonnablement penser que la frontière de Rafah est maintenant contrôlée et que les armes ne passent plus. C’est ce qu’il y a de plus probable. Cela affaiblit nécessairement beaucoup le Hamas dans ses velléités belliqueuses. Si le blocus des armes est assuré, c’est une première victoire de poids pour Israêl. Reste à contrôler aussi les convois humanitaires de vivres et médicaments. Qui s’en charge ? Si on apprend que l’UE, une force arabe modérée et que même le Fatah en sont chargés ce sera un progrès considérable car il devrait y avoir alors un moyen de contrôler assez efficacement.

Passons à la géostratégie. La création de l’Etat palestinien doit venir du Conseil de Sécurité et de l’ONU. Washington doit l’imposer aux deux parties et obtenir que les autres membres du conseil soient d’accord. C’est sans doute encore du rêve et pour longtemps. En tout cas les deux belligérants ne seront jamais d’accord. Trop d’extrémistes des deux côtés.

Deuxieme sujet géostratégique : Qui prend le pouvoir chez les palestiniens ?

Joue t on encore les élections libres ? On ne peut pas dire que cela ait été génial à Gaza. Mamhoud Abbas vient de demander la constitution d’un gouvernement « d’union nationale » suivi  d’élections  législatives et présidentielles, ce qui veut dire, qu’aujourd’hui, il se sentirait assez sûr des résultats et qu’il vaincra ; Ce qui est possible si Gaza est bien intégré dans l’ensemble palestinien et si des représentants du Fatah peuvent se présenter à Gaza. Est-ce bien une des conditions qui a été imposée au Hamas …avec des sanctions attachées et « pratiquables » s’il ne la respecte pas?

 

21 janvier 2009

 

Israêl s’est retiré et les résultats ne paraissent pas brillants. Le Hamas a repris le contrôle de Gaza. Il fait la chasse aux collabos et trucide ceux qui lui paraissent avoir eu des contacts avec Israël… ou qui sont désignés par les voisins. Mais plus grave, les tunnels de Rafah sont en cours de réouverture et les contrebandes d’armes vont pouvoir recommencer. Certes le Hamas ne va pas reprendre immédiatement ses tirs de roquettes mais il pourra les reprendre un jour, sauf s’il n’a pas intérêt à le faire.

Mais alors quelle est la nature des longues tractations tenues au Caire et qu’ont donc accepter les uns et les autres ? Quelles sont les deals et les compensations ? Mystère !

Un autre élément parfaitement troublant, c’est l’exacte concomitance entre l’investiture d’Obama et le retrait des israëliens. Comme si les démocrates américains avaient prévenus Israêl : le jour de notre prise de pouvoir vous vous engagez à vous retirer. Si tel était le cas, que pourrait on en conclure ? D’abord que l’Amérique a décidé de reprendre la main mais aussi qu’elle va peut être tenter de faire quelque chose. Que va-t-elle offrir au Hamas pour qu’il entre dans un gouvernement de coalition avec le Fatah ? C’est toute la question. Et une réconciliation des frères ennemis est elle possible ? Cela parait bien improbable. Rien n’ayant été résolu par les armes et les émissaire du cessez le feu s’étant déchaînés pour arrêter le conflit, il y a fort à parier, même si c’est triste à dire,  qu’une fois encore, rien n’est résolu. Il fallait déjà impérativement contrôler les tunnels de Rafah et, semble t il, ce n’est pas fait.

 

25 janvier 2009

 

Fin de l’histoire apparemment. Obama a exposé devant le congrès ses vues sur le moyen orient. Pas mal de guimauve mais rien de nouveau. Il faut que palestiniens et israëliens vivent en paix, que le Fatah trouve sa place à Gaza, que le cessez le feu soit immédiat, qu’une force internationale contrôle les tunnels et que le Hamas ne tire plus sur Israël. Qui ne serait d’accord ? mais la question essentielle demeure : qui contrôlera et qui prendra le pas sur le Hamas ? Obama, en tout cas, ne va sûrement pas s’engager dans ce guêpier avec déjà deux guerres sur les bras. Et sachant fort bien que tout soldat américain décédé vaut au moins un million d’électeurs en moins dans une Amérique démocrate majoritairement pacifiste, isolationniste et, qui plus est, en pleine crise économique.

 

1er février 2009

 

Une lueur d’espoir

 

La vie reprend à Gaza. Toujours aussi bourdonnante , agitée, fourmillante. Les marchés de contrebande sont plein de marchandises. Les tunnels sont en cours de réfection . Des gosses de 15 ans rampent dans les tunnels pour les dégager.

Le Hamas est toujours là, armements en bandoulière et miliciens dans les rues. Mais il y a du nouveau. Des habitants, visage découvert, protestent et incriminent le Hamas d’être venu tiré des kassams depuis leurs habitations  aujourd’hui en ruine par suite des répliques immédiates d’Israël. Les chefs du hamas se terrent. Beaucoup de miliciens, belles voitures et armes dernier cri, demeurent masqués. L’emprise du territoire par la terreur et les aides financières aux habitants n’est plus aussi assurée. Gazaouis et Hamas semblent comprendre qu’attirer le ciel sur leur tête en envoyant des Kassams n’est pas sans conséquence et que le bon sens le plus élémentaire est peut être d’éviter de le faire.

Les représailles ciblées israêliennes ont peut être servies à quelque chose.

 

 

30 janvier, 2009

evenement et médias

Classé dans : Monde — elis @ 16:03

 

Ce n’est pas l’évènement qui fait les medias mais les medias qui font l’évènement

 

 

Au delà de l’aphorisme et du drôle, une réalité profonde, me déclara Zadig ce jour là !

L’exemple de la double présidence de G.W.Bush est particulièrement édifiant mais celui de B.Obama l’est tout autant.

Le malheureux Président sortant a battu tous les records d’impopularité depuis Nixon mais que lui reprochent majoritairement ses concitoyens ?

Très majoritairement des faits insignifiants et ridicules, devenus par la magie des medias, des évènements considérables, qui ont fait toute son impopularité.

Et, inversement, qu’est ce qui fait la folie Obama ? Hollywood et des symboles passe partout tout simplement.

Commençons par G.W.Bush.

Le malheureux a fait tomber Sadham hussein, sans l’accord de l’ONU… et pour cause, il n’aurait jamais eu l’accord ni de la France ni de la Russie, grands amis de Sadham. On eut pu penser que faire tomber un dictateur sanglant et paranoïaque qui avait décidé de s’offrir le Koweit, et auparavant l’Iran, au prix de 4 millions de morts, était plutôt une bonne chose. N’en croyez rien . Personne ne lui en saura gré bien au contraire. Mais encore mieux, faisant tomber Sadham, il stabilisait et protégeait du même coup, pour le plus grand bien de l’Europe et de l’Asie, 50% des réserves pétrolières mondiales. Mais en apparence, personne ne s’en est rendu compte, car personne ne le dit. En revanche et pour le plus grand bien des démocrates, les grands medias américains se sont déchaînés, avec le succès que l’on sait, contre cet horrible président va t en guerre qui a fait tuer 4000 jeunes américains en 8 ans (a peu près le même nombre sans doute que les décès naturels par accidents dans les énormes armées US en dehors de toute guerre), et surtout qui, « a son actif », n’a pas empêché les horribles « tortures » d’Abou Grahib et l’inqualifiable horreur de Guantanamo. Soyons sérieux : Abou GraÏb, un adjudant vicieux et malfaisant, qui ne va d’ailleurs pas jusqu’aux tortures à sang, et qui sera , lui et ses acolytes , ultérieurement dégradé et emprisonné, dans combien d’armées du monde ne voit t on pas chaque jour largement pire…lorsque les médias ne sont pas là…et les portables confisqués ?

Quant à Guantanamo devenu le symbole de l’univers carcéral, version « prison break » popularisée par Hollywood, pour 500 combattants djihadistes a peu près tous capturés aux côtés des Talibans sur les de champs de bataille Afghans, et susceptibles surtout d’apporter une mine de renseignements précieux sur les filières du terrorisme, fallait il vraiment en faire des petits saints, entouré de toutes les protections juridiques possibles et imaginables réservées aux citoyens ordinaires américains ? Les tribunaux militaires américains ne sont pourtant pas dénués de règles et de protection multiples pour les accusés. La preuve, les procédures durent déjà depuis 6 ans pour les 240 qui sont encore incarcérés.

Ces deux scandales, qui ont fait toute l’impopularité de Bush (le malheureux n’y pouvait d’ailleurs pas grand-chose) sont tellement risibles qu’on se demande encore, avec un peu de  sens commun, comment 250 millions d’américains et 500 millions d’européens on pu gober l’horreur absolue de ces deux évènements et même y croire fanatiquement.

Enfin Bush a menti sur les ADM. Alors là c’est vrai . Donald Rumsfeld a d’ailleurs dit pourquoi. Puisqu’il n’était pas question de dire qu’on voulait faire tomber Sadham parce que l’ONU ne le voulait pas, on a « inventé » une raison présentable. Et la maison blanche est certainement dans le coup. Qui aurait cru d’ailleurs que les fusées SCUD qui avaient menacé Israël 8 ans auparavant ce seraient définitivement volatilisées ? En Syrie sans doute et évacuées en urgence avant que les G’IS n’arrivent. Et le Sarin utilisé contre les Kurdes ? Disparu lui aussi ??? Encore plus difficile à comprendre. Toujours est il que n’ayant pas trouvé d’ADM, Bush est devenu le plus fieffé menteur, et cela, aux Etats-Unis, pour un président, relève de la forfaiture.Pas question d’avouer donc.

Mais venons en à Barack Obama et au rôle joué par Hollywood.

Il faut d’abord se rappeler que les héros noirs, depuis presque 30 ans, dans le cinéma américain, sont monnaie courante. Morgan Freeman bien sûr. Sympathique, généreux, profondément humain et qui plus est, humble, vieux flic courageux, hyper doué aussi, défenseur de la veuve et de l’orphelin. Mais il n’est pas seul, d’autres héros noirs et il faut bien le dire infiniment sympathiques eux aussi, constellent le cinéma américain et ses plus beaux films d’action ou d’intrigues politico judiciaires : Wesley Snipes, Denzel washington. Et bien d’autres encore.

Mais le comble du héros noir, bien sûr, on le trouve dans « 24 heures chrono ». Ici d’ailleurs les présidents blancs sont de véritables ordures alors que le président noir, héros de la série que la totalité des américains de 12 à 60 ans a regardé avec passion pendant 4 ans, lui, est un type bien, un héros au grand cœur et qui comble d’émotion pour tous, se fait lâchement assassiné comme Kennedy. Qui n’aurait envie dans ces conditions de demander bien vite , dans la vie réelle, à un président noir de revenir au pouvoir ?

N’allez pas croire que Zadig est le seul a avoir eu cette idée farfelue. On la trouve même en toutes lettres dans le New York Times du 22 janvier 2009, journal pourtant largement démocrate. Ce n’est même pas une invention de la presse républicaine !

20 janvier, 2008

democratie américaine

Classé dans : Monde — elis @ 12:00

 19 janvier 2008

Zadig qui se remettait doucement d’un voyage outre atlantique m’aborda ce soir là par une réflexion songeuse sur la démocratie américaine :

« Etonnantes ces primaires US. Par leur suspense, mais aussi par ce qu’elles révèlent du fonctionnement de ce pays qui s’approche, dans ces âpres batilles, de ce que pourrait être une démocratie idéale.

Car pour être élu il ne suffit pas d’être riche, on peut même être relativement pauvre, être parti de peu et pouvoir quand même réussir.

Il ne suffit pas non plus d’être dans les instances dirigeantes d’un des partis dominants et donc d’y avoir été introduit à un niveau convenable assez jeune et ensuite d’y avoir fait carrière pendant longtemps, ce qui est le cas de la plupart des démocraties occidentales. Qui peut postuler à la présidence ou au poste de Premier ministre en France, sinon un membre dirigeant du PS ou de l’UMP ; en Allemagne, sinon un membre dirigeant e la CDU ou des sociaux démocrates, en Grande Bretagne, sinon un membre dirigeant du Parti travailliste ou des Conservateurs ?

Mais en Amérique, ce n’est pas le cas. Il suffit d’abord de partir d’un petit état, l’Iowa par exemple, d’y investir massivement de son temps et si possible d’y avoir trouvé des sponsors, et, grâce à l’éclairage médiatique qui vous illumine brusquement vous aller pouvoir, cas d’Obama par exemple, ou de Carter il y a 30 ans, devenir un candidat qui fait irruption dans la campagne sans que l’appareil du parti, ni ne vous ai adoubé, ni même ne vous ai vu venir 6 mois auparavant. Extraordinaire tout de même !!Que l’on compare avec la bataille des chefs au sein du PS ou de l’UMP que l’on voyait venir en France depuis des années. Une exception peut être avec Ségolène qui grâce aux medias et aux nouveaux adhérents et surtout à son sexe, a bien failli réussir son hold up. Mais la comparaison s’arrête là car une fois désignée par le parti, elle devenait automatiquement la seule candidate de la gauche. Rien de tel aux Etats-Unis. Dans le camp des deux grands partis 8 à 10 candidats s’affrontent , et cette fois c’est le peuple qui entre en scène et les médias ne font en général que suivre et compter les coups.

Le cas de l’Iowa une fois de plus est profondément instructif. Voilà un tout petit Etat, 2 millions d’américains sur 300 millions. Mais 400.000 habitants de l’Iowa vont participer aux caucus, réunions publiques à heures fixes et décomptes à mains levées, où, aux primaires, bureaux de vote et votes à bulletins secrets. Dans les caucus les militants de chaque grand parti s’affrontent pour désigner leurs favoris. Rappelons  qu’au départ, dans chaque parti, il peut y avoir 10 candidats ou plus.  Chaque citoyen dont le candidat n’a pas été éliminé, plus de 15% des voix, tente de rallier les autres à venir dans son propre camp. Discussions , mouvements de groupes, déplacements et au final décomptes par groupes. Apres les caucus locaux, il y aura les caucus de comtés pour enfin désigner le nombre de sièges de représentants pour chaque grand parti au niveau des Etats. D’un Etat à l’autre d’un comté à l’autre les règles varient. Mais ce qui compte au final, c’est qu’un très grand nombre de citoyens auront débattu sur les candidats possibles pour le parti et que le processus va s’étaler sur plusieurs mois. Redoutable épreuve pour les candidats mais chances quasi égales pour tous à cause de l’extrême variété des arènes, des rebondissements incessants, du long processus de désignation et du très grand nombre de citoyens impliqués. Enfin, last but not least, les représentants au congrès sont maintenant liés par un mandat impératif. Au niveau final, les débauchages ne sont plus possibles.

Un tel système qui donne une telle importance à la démocratie directe n’est peut être pas idéal. Il avantage les candidats les plus démagogiques ou les plus populistes et les victoires gagnées sur les bons sentiments et les idées simplistes mais il est à l’inverse redoutablement efficace pour favoriser le renouvellement des équipes dirigeantes. Bien malin qui saurait aujourd’hui qui sera le successeur de Bush. Un républicain ou un démocrate certes, mais lequel ? Le Nevada et la Caroline du sud nous apporterons  peut être ce samedi 19 janvier une réponse provisoire mais certainement pas définitive.

1 janvier, 2008

RETOUR SUR LE KOSOVO

Classé dans : Monde — elis @ 19:35

  

1er janvier 2008

En mai 2005, Zadig m ’écrivit: « Je viens de voyager dans les Karpathes et  la Tansylvanie. J’aimerais comprendre ce qui s’est passé au Kosovo ».  Il  notait :

D’un côté les méchants , les Serbes, responsables dit on du génocide des kosovars. De l’autre , les gentils Kosovars et la gentille communauté internationale,apparemment unie, dépossédant la Serbie de sa souveraineté légale sur le Kosovo et allant même jusqu’à bombarder violemment les Serbes pendant 30 jours pour clairement se faire comprendre. Depuis, statu quo: Milosevics emprisonné et jugé. Les criminels de guerre Serbes traqués. Et le peuple Serbe violemment critiqué par la communauté internationale  pour ses mauvais choix électoraux récents. Les méchants sont toujours les méchants.

Ce qui est troublant, c’est que depuis l’arrêt des hostilités il y a 5 ans, 250.000 serbes ont du fuir le Kosovo et que « confrontée à la violence des extrémistes albanais, la population serbe, dans quelques enclaves, survit à l’état résiduel, privée depuis 5 ans de presque tous ses droits ». 20000 soldats internationaux, ce qui n’est pas rien, s’efforcent de les protéger, tant bien que mal. Côté Kosovar, mafias, bandes armées et vrais criminels de guerre font régner leur ordre sans que celà n’émeuve apparemment personne.

Etrange tout de même. A croire que l’ONU et la communauté internationale toute entière, se serait fourvoyée dans ses choix ou encore que la belle histoire d’Epinal qu’on nous raconte n’est peut être pas tout à fait la bonne. A quel jeu ont donc jouer l’ONU, l’OTAN, la France et l’Amérique démocrate?

***

1er janvier 2008

En ce jour de nouvelle année 2008, je rencontrais de nouveau Zadig, qui n’avait pas revu depuis son dernier passage les régions d’Europe centrale, mais qui s’interrogeait toujours sur le sujet. Qu’on en juge puisqu’il me dit brusquement un soir après dîner :

«Aujourd’hui, 30 mois sont passés et le suspense continue sur l’histoire réelle du Kosovo et ce à quoi jouent les différents protagonistes du monde occidental.

Entre temps, jugé à La haye, Milosevic s’est fort opportunément donné la mort « par accident » alors que sa « culpabilité » dans le génocide se révélait de plus en plus difficile à démontrer au tribunal de La Haye (TPY, tribunal d’exception, créé uniquement pour l’ex Yougoslavie à l’image de celui de Nuremberg pour les nazis en 1945) Il se serait trompé dans ses pilules anti crise cardiaque ! Pourquoi pas mais tout de même assez troublant.

Quoiqu’il en soit aujourd’hui l’Europe semble vouloir en finir, réclame à corps et à cri l’indépendance du Kosovo (que la Russie de Poutine bloque encore à l’ONU, solidarité avec les anciens alliés du bloc de l’Est oblige) et veut seule assurer, au lieu et place de l’OTAN, la sécurité du territoire et la protection des 10% de serbes qui  demeurent encore dans quelques enclaves.

En fait, il parait assez clair que, pas plus que l’OTAN dans les années précédentes, l’Europe ne saura empêcher l’exode définitif des derniers serbes de la province. L’Europe démocratique aura enfin ce qu’elle semble rechercher, un premier état intégralement musulman (et, dit on mafieux) de 2 millions d’habitants au cœur de l’Europe. Se posera alors la question de l’Albanie, du Montenegro, de la Macédoine, et même de la Bosnie et des risques de contagion de nouvelles revendications ethniques dans toute cette partie du vieux continent.

« Je reconnais toutefois , me dit il,que les Kosovars sont déjà seuls maîtres de leur destin et que les serbes, et pour cause, ne dirigent plus rien dans leur ancienne province depuis que l’OTAN et l’Europe les en ont chassé à coup de bombes. Du coup,on peut se demander si les solutions de bon sens ne consisteraient pas :

 

  • A étudier sérieusement la partition du Kosovo:
    • Un petit bout au Nord, de souveraineté de facto Serbe, ou l’on regrouperait, avec de fortes incitations financières, les Serbes volontaires des autres enclaves du Kosovo.
    • Le reste du Kosovo sous souveraineté de facto Kosovar, comme c’est déjà le cas. Rien à changer ici en principe. Sauf qu’il y a fort à parier que les Kosovars ne voudront pas entendre parler de céder une enclave de 10% de leur territoire au Nord

 

  •  Promesses de rattachement à la Serbie pour la zone nord, et, d’indépendance et de souveraineté de jure pleine et entière pour la zone sud, dans des délais de 5 à 10 ans, sous réserve qu’un certain nombre de conditions soient remplies en particulier par les Kosovars.

 

  • retrait des troupes de l’OTAN de ces deux régions mais maintien sur place de très nombreux observateurs internationaux.

 

  •  Enfin, condition essentielle, les anciens belligérants sont requis d’assurer eux-mêmes la sécurité et le respect des droits de tous les étrangers résidents sur leurs zones respectives de souveraineté: serbes encore restés au Kosovo ou musulmans de l’enclave nord…. s’il en reste.

 

Ce serait donc une partition de fait, non de jure, mais une partition conditionnelle, étroitement surveillée dans les deux zones par les instances internationales et avec une obligation de résultats démocratiques indiscutables et sérieux avant que n’intervienne dans quelques années la reconnaissance définitive pour le Kosovo sud et le rattachement à la Serbie pour la parcelle du nord.

Sans doute s’agit il là d’un schéma trop simple et peu orthodoxe au niveau du droit international, ou du moins de ce que l’on s’attache à présenter comme tel. Mais il aurait l’immense mérite :

 

  •  de reconnaître implicitement que les intéressés sont toujours prêts à s’entre égorger et de prendre les dispositions adéquates pour que cela ne se reproduise plus.

 

  •  de retirer 20000 hommes de troupe du Kosovo et de faire d’évidentes économies et de moyens pour l’OTAN et l’Europe en particulier.

 

  • d’éviter, pour le moment, de nouvelles revendications ethniques dans la région puisque rien ne serait acquis ni pour les uns ni pour les autres, tout restant à prouver, en particulier par les Kosovars dont on ne sait trop ce qu’ils réservent à l’Europe, fussent ils musulmans et donc fortement recommandables aujourd’hui selon le prêt à penser des gouvernements européens.

 

Au fond finit il par me dire, en soupirant de lassitude, je crois que les sociétés multiethniques sont le seul modèle qui vaille aujourd’hui et qu’on est  prêt à l’imposer par la force même quand les peuples n’en veulent pas. Allons savoir pourquoi. »

 

5 décembre, 2007

apartheid à la française par guy sorman

Classé dans : France — elis @ 11:07

 

Apartheid à la Française

Paris suburbs are on fire again.
Once or twice a year, the same scenario repeats itself on television: Suburban thugs, most in their teens and of Arab or African origin, burn hundreds of cars, destroy businesses that dared settle near projects-called « cités »-and the French police fight back.
The traditional French, living outside these cités, watch on TV as if those next-door riots unfolded on the other side of the moon. Then the president appears, promises to be tough on the thugs and to increase public funding to improve suburban quality of life.
In the sequel to this choreographed show, the party leaders accuse one another in Parliament of not investing enough money in order to help these destitute youngsters-or of not repressing them enough. Journalists and public intellectuals take turns commenting on late-night TV programs. And so it goes until the next riots.
The repetition of this scenario indicates that the reasons behind suburban violence lie in French society. This is not to excuse the thugs as victims, but to say that their behavior reflects the apartheid-like characteristics of France.
The French would be shocked to be compared with South Africa of the past, but our suburbs bear more social resemblance to Soweto than Paris. We live in a discriminatory society where an invisible line separates the insiders from the outsiders. The insiders happen to be French, with a French family history extending back many generations. They are well educated, and reasonably well-off.
The outsiders happen to be from Africa-first, second or third generation, poorly educated, jobless and from a non-mainstream culture or religion. According to the French republican ideology, they all are French with the same rights. But the reality differs. Our economic policy has created a strong public sector and job market protected by high walls of restrictive regulation. If you’re educated enough, you pass a civil servant exam and get a plum job for life. If you have the right connections and talent, the private sector treats you as a quasi civil servant. Firing an employee is nearly impossible. The outsiders without the right connections and education remain outside: All the regulations play against them.
The majority of insiders don’t want job-market flexibility, perceiving it as a brutal American way of mistreating workers. Even President Nicolas Sarkozy needs to be very cautious, as his conservative majority belongs to the insider camp.
The French housing policy is also discriminatory. For implicit ideological reasons dating back to the 1940s when the Gaullists and the Communists were allies, French governments favored renting over owning. The state gives subsidies to the poorest people so that they can rent, but not buy. Cheap subsidized projects tend to be clustered in the suburbs. Ethnic ghettos are a byproduct of this construction policy and avoidance of ownership. Poor immigrant families naturally regroup in those projects. The ethnic concentration, plus the absence of jobs, generates a local subculture that is neither African nor French, but in between. Rap music is the artistic expression of this subculture and the bourgeois insiders tend to love this exoticism, sanitized on CDs and TV shows.
The only way to escape the poverty and violence of the ghettos is to leave the ghetto, which is accomplished by more girls than boys. Outsider girls tend to be school achievers and express more willingness to escape the patriarchal tyranny of their fathers and older brothers.
Education could be the key out of the ghetto but is seldom the case. Not only do ghetto schools not attract the best teachers, the very content of education is discriminatory. The history of colonization is taught as if it were a glorious feature of French history. In Senegal, on his first official visit to Africa, Mr. Sarkozy regretted the violence of colonization but insisted on the good intentions of the French colonizers, out there to bring civilization to « the African man who has no sense of history. »
This discourse, reflected in school books and the insiders’ general attitude, aggravates the hatred among outsiders whose family memories tell a different story. Overall the French tend to ignore how much their national culture implicitly rejects diversity. The dominant so-called republican ideology requires immigrants to conform: Mr. Sarkozy, for the first time in our political history, had the guts to appoint Arab women in key government positions. Rachida Dati, our new Justice minister, is thus promoted as a role model for all French Arabs: but she is « integrated, » doesn’t go to the mosque, wears haute couture and not an Islamic veil.
Socialist and conservative leaders alike are not ready to acknowledge that their « goodwill » policy-more subsidies-just leads to more apartheid. They should wonder why, after 30 years of more of the same state interventions, suburbs tend to shift further away from the mainstream, self-satisfied insiders.
An alternative policy would require a major rethinking of the French fundamentals. To open the labor market to outsiders means a severe makeover of the welfare state as we know it. To erase the ghettos requires a shift from home renting to home owning. A less discriminatory school needs cancel « scholar map » and curriculum demands a revision of our national history. This has been done regarding the World War II Vichy regime, but not yet with the history of colonization. Eventually, the insiders have to acknowledge the fact that France actually is diverse.
Such a massive effort would be based on a political consensus between the right and left. It would require patience and resilience, but in the long run may be the only way to restore peace in the French suburbs. It would also be useful as a way to keep young French Muslims from joining the ranks of the radical Islamist cells which, today, are not entirely dormant.
Who will resist this ideological shift? The most entrenched insiders within the public sector will protect their interests in the name of the Republican tradition. Market opening and diversity smack of America, after all. Not being like the U.S. is the ultimate excuse for not bringing France into the real world.
Mr. Sarkozy, who is free-market oriented, pro-private ownership and from an immigrant family, seemed to offer hope for a new vision. But so far, he has acted as a remarkable tactician, able to confuse his enemies and defuse tensions. His overall strategy remains unclear, and the facts somewhat contradict his rhetoric. The French state budget for 2008 looks similar to the 2007 Chirac budget. Soweto still lies next door.

04 décembre 2007 à 08:44 | Lien permanent

22 novembre, 2007

L’interruption des coches.

Classé dans : France — elis @ 16:33

 

L’interruption des coches

 

En ce temps là Zadig parvint dans un bien beau pays qui affichait depuis 10 journées une interruption de ses chars et carrioles publiques au motif que les cochers des susdits véhicules anticipaient un  « écornement » de leur belles et bonnes rétributions.

Certes le maître des coches, depuis trois mois, voyait, revoyait et palabrait avec les représentants des cochers mais apparemment rien n’y faisait, chacun se plaignant de ne toujours pas comprendre ce que l’autre voulait. Le maître des coches, qui régentait tout et tout dans ce très beau pays, avait annoncé des intentions louables, 40 ans d’activité pour tous, mais les cochers, qui pouvaient du jour au lendemain, stopper toutes activités circulantes dans le royaume sans qu’il leur en coûte, du moins en étaient ils persuadés, ne l’entendaient pas de cette oreille et eurent tôt fait de faire connaître au maître des coches qu’il n’allait pas tarder à comprendre de quel bois ils se chauffaient. Et c’est ainsi qu’assurés de leur pouvoir ils tenaient chaque jour leurs états pour décider à main levée d’emberlificoter tous les manants du royaume. Leur maître, au début, avait laissé entendre  qu’il n’irait pas à Canossa et qu’i l ne discuterait avec ces trublions que lorsqu’ils voudraient bien cesser leur stupide agitation mais, le temps passant, il en vint, semble t il à retourner sa veste et à déclarer publiquement qu’au fond, les cochers étaient de braves gens et que pour les dédommager de l’affront qu’il leur faisait subir , il ne manquerait pas de leur distribuer, le moment venu, ducats et sesterces.

Les cochers n’en attendaient pas moins mais méfiants ils continuaient leur mouvement attendant que les promesses se transforment en bonnes et vraies bourses sonnantes et trébuchantes.

Et c’est ainsi que Zadig se trouvait empêcher de voyager où et bon lui semblait.

Il demeurait toutefois fort étonné que les millions de manants, empêchés comme lui de se déplacer, ne montrasse guère de mécontentement et ne s’en prenne aux  cochers qui les empêchaient de travailler.

En fait ce peuple était fort résigné, habitué de longue date aux foucades des cochers publics et même souvent enthousiasmés par la résistance farouche et gouailleuse qu’ils savaient opposés aux pouvoirs au nom de la défense de l’intérêt général.

Et c’est ainsi que le prince du pays, qui savait fort bien cela, s’acheminait donc, sans complexe, vers une reddition en rase campagne. Et à Zadig qui demandait en s’en étonnant mais pourquoi votre prince ne donne pas aux manants les mêmes droits et les mêmes pouvoirs qu’aux cochers ce qui rendraient ceux-ci moins turbulents, les plus avisés lui expliquèrent qu’au fond ce peuple détestait les réformes , qu’il adorait l’immuable et que les droits acquis quelque fut leur fondement, leur semblait plus importants que toute tentative de révision de leur sacro saint modèle national auquel ils tenaient par-dessus tout en dépit de toutes les évidences et de tous les mouvements du monde.

Selon eux leur prince était donc fort avisé de n’y point trop toucher en dépit de ses promesses électorales.

Zadig s’enquit aussitôt d’un carrosse étranger qui voulut bien le reconduire à la frontière et s’en alla vaquer dans les contrées voisines ou, depuis fort longtemps, les droits des cochers avaient été justement encadrés.

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