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5 février, 2012

l’economie d’aujourd’hui pour les nuls

Classé dans : Monde — elis @ 16:23

4 février 2012
Zadig avait suivi depuis quelques temps les joutes savantes de plusieurs économistes distingués et en revenant vers moi ce jour la, il me dit ,puisque l’expression est à la mode je vais réfléchir à une « économie d’aujourd’hui pour les nuls », car au fond, me dit il :
L’Economie ? rien de plus simple !
Il y a ceux qui pensent que pour que l’économie marche bien il suffit que les masses consomment.
Les Keynésiens
On les appele les keynésiens du nom du célèbre économiste qui conseilla Roosevelt dans la grande crise des années 1930. Les keynésiens pensent que pour que les masses consomment il suffit de leur donner de l’argent.
Oui mais ou le trouver ? direz vous, assez naïvement. Facile répondent les keynésiens. A ce stade vous aurez aussi réalisé que les keynesiens sont déjà et avant tout les gens de gauche ( toute la gauche des pays riches notamment), il suffit de créer cet argent en le fabriquant.

En le fabriquant direz vous encore tout aussi naïvement mais comment ?

Décidément, vous rétorquera t on, vous n’avez toujours rien compris et vous êtes carrément irrécupérable. Mais il suffit d’imprimer des billets tout simplement. Les Etats ont toujours frapper monnaie. Depuis les temps les plus anciens jusqu’à nos jours.
Certes, certes, commencerez vous à réfléchir, mais pas toujours avec du papier sans valeur, n’était ce pas jadis avec de l’or ou de l’argent ?

Oui, bien sûr, rétorqueront les keynésiens mais c’était avant les progrès des sciences économiques et statistiques qui permettent aujourd’hui de quantifier les besoins de monnaie papier ou scripturales nécessaires en fonction des besoins conjoncturels du moment et compte tenu de la situation réelle de l’économie. Il faut démultiplier et accroitre la masse monétaire quand c’est nécessaire et inversement la restreindre quand on risque la surchauffe. C’est ce que font ou doivent faire les banques centrales. Et elles sont là pour cela !
Ah bon, cela parait clair. Mais qui fait cela ?
Mais les banquiers centraux bien sûr. Ils sont avisés, compétents, en France ils ont fait l’ENA, donc pas de problèmes !

Mais comment se fait il alors qu’il y ait une crise de la dette ?

Mais c’est à croire que vous n’avez rien compris. C’est parce que justement, en Europe , par la faute de l’Allemagne, le banquier central ne crée plus assez de monnaie, alors qu’il en faudrait des tombereaux pour empêcher le « credit crunch », le manque de liquidités.
Les Etats ont besoin d’argent frais et pas cher pour rembourser leurs emprunts arrivant à échéance (par exemple ,pour la France, 180 milliards en 2012) et pour les banques, qui ont aussi beaucoup emprunter, c’est la même chose. Et comme les marchés (c’est-à-dire les prêteurs qui ont maintenant peur de n’être jamais remboursés) demandent maintenant des taux beaucoup plus élevés cela ne peut que fragiliser dangereusement Etats et banques qui n’ont plus un sou pour payer plus cher. On est donc bien obligé de se tourner vers le prêteur de dernier ressort, les banques centrales, FED,BCE et Bojo au japon. C‘est maintenant à elles de prêter.
Fort bien on comprend.

 Mais ou trouvent t elles leur argent pour prêter ? Et bien comme on vous l’a déjà dit plus haut, elles le fabriquent en imprimant des billets mais plus généralement en ouvrant des lignes de crédit plus ou moins longs et théoriquement remboursables aux Etats et aux banques.
Mais alors pourquoi y a-t-il une crise demanderez vous toujours aussi naïvement ?
Et l’on vous répondra parce que, en Europe, nos amis allemands n’ont pas la même approche. Ils refusent d’ouvrir les vannes du crédit à grande échelle parce qu’ils ont peur de l’inflation.
Tiens, tiens ,en êtes vous sûr ? Moi j’avais plutôt compris qu’il voulaient surtout s’assurer avant de remettre plein de billets dans l’économie qu’ils voulaient surtout convaincre leurs partenaires de commencer à ralentir leurs appels forcenés au crédit par crainte qu’un jour tout cela finisse par mal finir.
D’ailleurs quand on voit ce qui s’est passé au Japon depuis 20 ans et aux Etats-Unis depuis 4 ans, on se rend compte qu’on se traine lamentablement et qu’en dépit des tombereaux d’argent remis dans l’économie, celle-ci n’arrive pas à repartir.

Les non keynesiens
Vous avez raison sur ce point et c’est pourquoi il est temps de parler maintenant d’une autre école de pensée chez les économistes. Nous les appellerons les non keynésiens.
Eux ils disent : « quand il y a surchauffe et bulles il faut laisser celles-ci éclater » ; C’est ainsi que l’économie se purge. Les fous et les imprudents sont sanctionnés. Ils sont ruinés et tout ce qui était artificiellement gonflé est purgé. Il y a une bonne crise , les canards boiteux sont éliminés et on peut repartir sur des bases plus saines. Malheureusement les politiciens qui veulent absolument se faire réélire ne l’entendent pas de cette oreille. Ils fabriquent de la monnaie . Il la distribue à qui mieux mieux et tout ce qui était malsain reste en place. C’est comme si Darwin et sa théorie de l’évolution était déjoué par l’intervention d’un Deus ex Machina, ici les gouvernements, qui gardent tout le monde, notamment les espèces qui n’auraient pas pu résister. Alors les économies se trainent et il ne se passe plus rien. Elles ne peuvent pas repartir sur des bases saines.
Dans la même école de pensée, anti keynésienne, l’école autrichienne notamment, on trouve des économistes qui pensent que les gouvernements et leurs banques centrales font n’importe quoi en s’affranchissant de toute contrainte et en décidant qu’ils peuvent tout faire et qu’ils seront toujours assurés de réussir.
Leur credo c’est que les Etats doivent faire comme les entreprises et les particuliers : ne dépenser que ce que l’on a gagné et n’emprunter que pour investir avec une chance raisonnable de pouvoir rembourser.
Et pourquoi être aussi raisonnable ? Parce que, disent ils, les gouvernements et les banques d’Etat ne peuvent pas résister à la facilité et que contrôler le bon timing et le juste flot de crédit est impossible, surtout dans une économie mondialisée et avec le Web. Et ce qui risque d’arriver c’est ce qui s’est passé avec les assignats de Law ou avec la république de Weimar : une brusque dévaluation de la monnaies papier, des paniques bancaires généralisées (on en est pas très loin aujourd’hui) ou encore une inflation insupportable. Il y a donc une nécessité impérieuse de demeurer prudent par des règles de bonne gestion et de père de famille, même au niveau des Etats et des banques centrales.
Ils peuvent ajouter. Rappelez vous ce qui se passait au temps du gold exchange standard.
Pa s de création monétaire étatique débridée. Une discipline imposée par la convertibilité de la monnaie papier en or qui imposait de rester dans les clous et de dévaluer sa monnaie quand on n’avait pas respecter une gestion de bon père de famille. En ce temps là, pas de risques de surendettement gigantesques ni d’hyperinflation menaçante. Le gold exchange standard (GEC) y veillait et imposait sa discipline de fer. Depuis Nixon et l’abandon du GEC par les US en 1981 ce n’est plus du tout la même chose. Monnaie fabriquée à tombereaux ouverts et agissements déraisonnables de tous les Etats occidentaux profitant du désir de tous les émergent de les voir acheter leurs produits et donc leur prêtant de l’argent pas cher. Mais dans peu de temps tout cela sera fini et il va bien falloir trouver autre chose quand les taux commenceront à grimper
Et Zadig de conclure.
Evidemment cela parait trop simple et c’est pourquoi on ne les prend pas trop au sérieux. On préfère le brouillard de la complexité réservée aux savants et autres docteurs Diaforus de l’économie, bien sûr.
Mais pour moi qui suit plutôt simplet, je les aime bien et c’est plutôt à eux que je ferai confiance pour conduire les attelages de l’économie mondiale.
Dommage qu’ils soient si peu nombreux.
Ainsi parlait Zadig en cette étrange année 2012

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