15 décembre, 2010

KARACHI

Classé dans : France — elis @ 16:56

 Zadig, depuis quelques jours, s’interrogeait sur le brusque silence qui s’était abattu sur le dossier « Karachi » qui avait pourtant éclaté comme une bombe fin novembre. Et il me dit : curieux tout de même ! Pourquoi ce silence ? Bon, je vais tenter une explication. Et du coup je m’installais pour l’écouter confortablement, craignant que ce soit un peu long.

Il semble acquis, me dit il,  que pour vendre des armes dans le monde, il faut corrompre. Troisième ou 4° vendeur du monde, la France ne doit pas échapper à la règle. Elle corrompt certainement. Dix à 12% de commissions occultes doivent être les sommes à verser aux intermédiaires et aux gouvernements ou dirigeants étrangers pour qu’ils achètent nos armements. II a du en être toujours ainsi. Considérons donc que les commissions font partie du jeu et qu’elles sont consubstantielles aux ventes d’arme. Quant aux  rétro-commissions elles ne doivent pas être loin non plus. Les sommes en jeu sont tellement énormes qu’il doit être tentant pour les instigateurs, les dirigeants ou les intermédiaires français de s’en approprier une toute petite part, 0,1% par exemple en s’entendant avec les acheteurs ou leurs intermédiaires. Mais 0,1% de 5 ou10 milliards d’€ cela fait une jolie somme. Et difficile de s’en priver quand c’est pour la bonne cause, la victoire de son camp par exemple à la prochaine joute électorale. Qui se souvient des frégates de Taïwan et des jolies chaussures de Roland Dumas ? Alors Mitterrand, Balladur, Chirac et même Pompidou sans doute ont du avoir recours à ces facilités de trésoreries. Elles devaient être logiquement au cœur de notre statut de vendeur d’arme mondial.

 

Dans l’affaire de Karachi que sait on ?

 

  •  qu’il y a eu des comptes au Luxembourg pour régler ces commissions et peut être aussi des rétro-commissions.
  • Que François Léotard  et Sarko, respectivement ministres de la Défense et du Budget de Balladur ont du approuver les commissions que la DCN proposait de verser au Pakistan pour la vente de deux sous marins, ce qui doit correspondre aux procédures habituelles dans ce genre de transaction. Nous n’en savons rien mais on peut le supposer.
  • Que ces contrats d’armement doivent s’exécuter le plus souvent sur plusieurs années
  • Que dans les contrats pakistanais et Arabie saoudite, Balladur ,1° ministre, avait imposé deux négociateurs libanais.
  • Que le contrat pakistanais n’était sans doute pas encore clos quand Chirac à demander la cessation des Commissions parce qu’il soupçonnait peut être une source de financement pour Balladur, grâce à ses négociateurs libanais et aux rétro-commissions possibles, et qu’il voulait l’en priver.
  • Qu’un haut fonctionnaire chargé de contacter la DCN pour lui demander d’exécuter la décision présidentielle aurait déclaré que la DCN aurait dit qu’il pouvait y avoir un risque si les paiements étaient interrompus.
  • Le 23/11/10 on a appris qu’un dénommé Boivin, administrateur de Heine, l’une des deux sociétés luxembourgeoise mandatée par Balladur, aurait exercé un chantage possible auprès du gouvernement Chirac, avec Juppé 1° ministre, et qu’on aurait pu lui verser 8 millions d’€ en 2009 pour qu’il se taise. Tout cela provenant d’insinuations médiatiques mais pas de déclarations de témoins.

 

On en est là ! A supposer que tout ceci soit bien confirmé, qui faut il incriminer et rendre responsable de la mort des 11 français ? Bien entendu Chirac s’il s’avérait qu’un lien puisse être établi entre l’attentat et l’ordre d’arrêter le flux des commissions. Mais à notre humble avis, on ne pourra jamais en être sûr et encore moins le prouver.

Quant à Sarko et Léotard , il devrait être facile de savoir si les procédures d’approbation des commissions sont bien celles que nous supposons. Et, dans ce cas, évidemment, Sarko devrait être blanchi car ces commissions étaient parfaitement légales (Il semble qu’elles ne le soient plus depuis 2000 ??? Mais comment va-t-on faire pour vendre des armes ?). Les rétro-commissions, elles, en 2000, n’étaient pas légales. Mais sauf Villepin qui affirme avoir eu l’intime commission qu’il y en avait, on n’en sait rien. Voir tout de même ce qu’a dit Millon. Il a été plus loin que Villepin en affirmant à Van Ruymbeke qu’une enquête de la DGSE, en 1995, avait établi qu’il y avait bien eu des rétro-commissions dans le contrat des 2 sous marins Angusta. Pour qui ? C’est ce qu’il n’a pas dit. A suivre donc sauf si, par craintes de représailles collatérales, nos hommes politiques n’ont pas décidé qu’il valait mieux en rester là. Ce en quoi ils n’auraient pas forcément tord. Toute vérité n’est pas bonne à dire. Et la presse française le sait fort bien aussi. Voir la prostate de Mitterand ou sa fille adultérine et bien d’autres secrets de polichinelle qu’elle n’a jamais divulgué.

Et Zadig de conclure : Je parierais donc que l’on va en en rester là et qu’on ne reparlera pas de si tôt de cette douloureuse affaire.

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