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12 novembre, 2010

Le tournant du quinquennat, après les retraites le chômage

Classé dans : France — elis @ 20:01

 

Le tournant du quinquennat

Après les retraites, le chômage

 

Zadig était ce jour d’humeur badine. Il soliloquait sur la France et ses multiples tares, fort heureusement souvent plus psychologiques que réelles, et il se demandait pourquoi le problème du chômage structurel ne faisait jamais l’objet d’un diagnostic sévère et d’un thérapeutique tellement évidente qu’il suffisait de l’énoncer pour savoir que, déclancherait elle des cris d’orfraie immédiats dans toute la France socialisante, elle n’en apparaitrait pas moins comme le seul remède sérieux qui finirait peut être par entrer dans les têtes de bois de la France parlante et pensante, qui nous abreuve tous les jours d’informations insignifiantes ou fumeuses, et qu’en tout cas les français qui ne sont pas idiots, comme ils l’ont déjà fait pour les retraites, finiraient peut être par y adhérer.

Le moment paraissait d’autant mieux choisi qu’après la modeste réforme des retraites- mais réforme quand même- le gouvernement Sarko 2 devait dans la continuité annoncée et revendiquée de sa politique de réforme, poursuivre pendant deux ans encore des réformes courageuses et indispensables à la France pour que cette belle nation rentre enfin dans le XXI° siècle .

A vrai dire ce qu’on nous susurrait comme réformes « courageuses » était évidemment du plus fadasse : ouvrir le chantier de la dépendance, améliorer la médecine de proximité, réforme de la justice (sic) etc…Evidemment rien de bien sérieux dans tout cela et rien qui soit susceptible de commencer à transformer en profondeur la société française. Pensez donc on songeait même parait il à supprimer le bouclier fiscal. Bel exploit ! A vrai dire toutes ces mesures évoquées seraient d’abord électoralistes . On en remettrai une couche pour s’attacher quelques électeurs de plus en 2012. Réalisme politicien bien sûr. Mais rien d’une vraie politique de réforme courageuse.

Alors me dit Zadig, revenons à nos moutons, imaginons que nous soyions un Sarko un peu fou, détaché des sondages et habité du seul sens de sa mission d’intérêt général et prêt aussi à secouer sa majorité et ses équipes.

Et comme toutes les enquêtes d’opinion révélent que la préoccupation N° 1 des français est le chômage, autant s’y attaquer franchement et expliquer une bonne fois pour toutes aux français pourquoi il y a un chômage structurel incompressible de 10% dans le beau pays de France et quelles en sont les causes évidentes mais toujours dissimulées parce que non politiquement correctes.

Il y a cinq leviers sur lesquels œuvrer  pour se retrouver dans des taux de chômage, hors période de crise, aux alentours de 5% comme dans la plupart des autres pays occidentaux : les financements, le droit du travail, les prélèvements obligatoires, les indemnités chômage, les banlieues.

 

 

  1. commençons par le financement c’est le plus simple : les classes moyennes et supérieures françaises passent leur temps à investir dans l’immobilier et dans l’assurance vie, tous deux assortis d’avantages multiples. C’est bien beau mais pas très productif pour créer des emplois, sinon dans le bâtiment mais aucun chômeur ne veut y travailler. Trop dur ! Alors revoyons la copie et proposons des avantages fiscaux nombreux et multiples pour investir dans les entreprises. Au passage, évidemment abolissons l’ISF et faisons comme tous nos voisins, attirons l’épargne en France plutôt que nous évertuer à la faire fuir ! Elémentaire mon cher Zadig.

 

  1. Ensuite le droit du travail, tellement génial en France que lorsqu’ on a embauché quelqu’un on ne peut plus le licencier. C’est évidemment absurde car l’économie est faite d’a coup, d’impondérables, de bonnes et de mauvaises surprises et si tout va bien aujourd’hui, rien ne prouve qu’il en sera de même demain quelque soient les talents du créateur. Créer une entreprise c’est prendre un risque et il faut pouvoir aisément s’adapter en cas de récession, de malchance ou d’erreur. La souplesse pour « dégraisser » doit être la première des priorités à offrir aux entreprises de France. En économie concurrentielle, même si beaucoup de secteurs s’arrangent pour créer leurs petits monopoles parfaitement protégés, il y en aura beaucoup d’autres, s’ils veulent vivre avec leur temps et être performants, qui devront l’accepter et surtout en jouer. Un exemple, si Free n’avait pas existé, on paierait encore le téléphone 50% plus cher et si Ryanair s’en va de Marseille, les usagers d’Air France ou de ses filiales finiront bien, quelque part, par payer leur billets d’avion plus chers qu’avant. Les syndicats concernés ne sont pas idiots. Ils savent très bien que leurs monopoles ce sont les multiples avantages de leurs mandants protégés. Et quand la justice leur donne raison, parce que le droit français est ainsi fait, ils savent qu’ils ont eu raison d’agir là ou ils sont sûrs de gagner. Il faut donc relooker sérieusement les conditions des licenciements et les conditions d’application du droit social en France.

 

  1. On ne peut pas avoir les prélèvements obligatoires parmi les plus élevés du monde et espérer en outre que nos entreprises auront le pied léger. De 45% de prélèvements il faut descendre à 35% comme la plupart des autres dans le monde occidental. Et pour se faire, il faut déjà commencer par sortir des charges des entreprises tout ce qui n’a rien à y faire , comme par exemple la politique familiale, qui doit être financé par les impôts. L’entreprise ne doit supporter que ce qui concerne ses employés. Et comme cela ne suffira pas pour passer à 35% il faut aussi que les services publics trop lourds et dispendieux soient sérieusement dégraissés, que la sécu soit mise en concurrence et que la CNAV arrête de subventionner les régimes spéciaux etc, etc, on n’en finirait plus d’énumérer tout ce qu’il faudrait faire pour ramener les prélèvements à 35 % !

 

  1. Les indemnités des chômeurs : elles doivent exister mais elles ne doivent pas dispenser de chercher du travail et elles ne doivent pas être éternelles. Pourquoi chercher un job légal quand on peut, avec le chômage plus un ou plusieurs boulots au noir, gagner nettement plus qu’un « smigard » et garder en plus toutes ses aides sociales diverses ; alloc logement , de femme seule, d’assistance truc machin, etc…Ils sont combien en France à vivre dans ce chômage confortable ? pas des millions mais tout de même pas mal.

 

 

  1. Enfin les banlieues. Notre mine de richesse et de jeunesse est là, et pourtant ils sont quasiment tous sans emploi. Alors là, surtout pas de fonctionnaires ou de bureau d’emploi pour régler le problème. Demandez aux boites américaines ou anglaises ou autres, et même françaises, d’y venir  moyennant régime de zones franches avec franchise d’impôts mais aussi du droit social français. Des boites qui se créent en trois heures comme à Londres, qui peuvent embaucher et licencier sans contrainte et des capitaux exemptés de taxes. Il ne faudra pas longtemps, quitte à payer un droit aux caïds du coin, pour qu’une vie économique foisonnante s’installe très vite dans les cités. Multiples petits boulots mais aussi bases privilégiées pour des activités à vocation hors banlieues en France et même à l’export. Il y en a déjà. Et on trouve dans les banlieues des réseaux de connexion tout fait pour l’Afrique et le Moyen orient.

 

Alors messieurs de la majorité, à l’aube d’un deuxième souffle pour le quinquennat présidentiel, exigez du futur gouvernement resserré qu’il ne se contente pas de regarder les sondages mais plutôt qu’il s’en fiche royalement, qu’il prenne tous les risques et qu’il se lance enfin dans une vraie politique de réformes indispensables qui redonneront un peu de tonus à l’économie française et qui la sortiront de ses archaïsmes marxistes de 1945 ou l’ennemi de classe et le mouton à tondre était avant tout le secteur privé et l’entreprise capitaliste, le secteur public étant la solution à tous les problèmes. Les socialistes, s’ils reviennent au pouvoir dans deux ans, pourront toujours tout remettre en cause et redemander aux « riches » de financer leurs merveilleux secteurs publics….qui n’ont qu’un inconvénient. Ils côutent cher, ils ne rapportent rien et il faut les financer. Alors point trop n’en faut. Juste le nécessaire.

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