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15 janvier, 2010

boursiers grandes ecoles

Classé dans : France — elis @ 10:14

 Zadig qui résidait en notre beau pays de France pendant ces longues journées d’hiver s’ennuyait quelque peu et parcourait les gazettes sur les sujets les plus divers. Il était tombé ce mois ci sur un débat qui faisait rage et dont il désirait m’entretenir car il doutait d’y voir clair. Pourquoi les classes sociales du royaume sont elles tellement stratifiées et rigidifiées et est ce du au système des grandes et des moyennes écoles dont la France est si férue et les boursiers qui sont ils ?

Je crois me dit il qu’il faut commencer par un problème de vocabulaire sur ce débat qui fait rage actuellement (Nous étions en janvier 2010).

Le vrai sujet, exprimé en termes non biaisés, devrait être : « admissions parallèles dans les grandes écoles pour des élèves considérés comme défavorisés et de ce fait exemptés du concours d’entrée auxquels sont soumis tous les autres ».

Evidemment, exprimé le sujet en ces termes, c’est déjà se positionner du côté de la position des grandes écoles (cf ci-dessous) et c’est pourquoi les grands medias et toute la gauche du royaume ont déjà choisi un autre titre, bien plus porteur pour eux : « les grandes écoles refusent les boursiers », sous entendu, il faut avoir une famille riche pour faire les grandes écoles. Bien intéressant pour illustrer la force de la sémantique et la parfaite non impartialité des mots. Cf : l’usage qu’en ont toujours fait les régimes totalitaires, en particulier communistes, ou encore le « novlangue » du 1984 d’Orwell et, donc, aujourd’hui, la gauche française et nos chers médias inféodés, non par idéologie, eux, mais plus simplement parce que c’est là qu’ils savent trouver l’essentiel d’adéquation avec leurs auditeurs et aller ainsi dans le sens de leurs intérêts bien compris. Plus d’audience et donc plus de chiffre d’affaires. Un Candide ne pourrait manquer d’observer : mais où est donc l’objectivité et l’indépendance journalistique dans tout cela ? Nulle part, mon cher Watson, ou plutôt mon cher Pangloss, mais ainsi va le monde et il en a toujours été ainsi. L’intérêt bien compris est toujours ce qui a majoritairement guidé les actions humaines. Le désintéressement et l’altruisme étant eux, en général, minoritaires.

Ce bien trop long préambule étant fait, tentons de revenir à notre sujet pour essayer d’y voir clair.

La question est donc simple : faut-il faire de la discrimination positive pour 30% des futurs élèves des grandes écoles françaises ?

Ses partisans s’appuient sur un fait indiscutable. La proportion d’élèves issus de classes défavorisées n’a jamais cessé de diminuer depuis 30 ans et les élites s’auto-entretiennent dans les seuls milieux favorisés ce qui clive toujours plus la société française à l’heure de l’immigration massive. Car c’est bien là qu’est le problème. Ce n’est plus la classe ouvrière qui est défavorisée. Elle n’existe plus. Mais bien les « gosses » des banlieues et accessoirement ceux des commerçants, agriculteurs, artisans, professions indépendantes, artistes et autres milieux sportifs ;  mais, eux, vivant dans un véritable courant dynamique de la société française, n’ont jamais vraiment eu besoin des grandes écoles pour réussir. Leur parents leur montrent la voie, les initient, et en font souvent leurs successeurs. Chez les sportifs de haut niveau et encore plus les artistes reconnus, c’est évidemment spectaculaire. La richesse et la notoriété se perpétuent sans problème.

Mais revenons à nos grandes écoles. Face à leurs opposants, les grandes écoles font valoir des arguments tout aussi indiscutables que celui de l’élitisme qu’on leur reproche: l’inégalité des chances devant le concours est non seulement contraire à la Constitution et à l’esprit de notre grande devise républicaine ( liberté, EGALITE, fraternité) mais elle introduira nécessairement un abaissement du niveau de recrutement et donc de la qualité des grandes écoles françaises. Elles se prononcent donc plutôt pour un soutien individuel et personnalisé aux « boursiers » pour leur permettre d’arriver aux concours unique avec les mêmes chances que les élèves issus de milieux plus favorisés. Elles estiment que c’est la voie la plus réaliste pour ne pas faire baisser le niveau général tout en démocratisant le recrutement des élites. Argument peut être valable.

Pour ce qui  me concerne, me dit Zadig, la question me semble difficile à résoudre. Primo j’aime bien le concours républicain, égalitaire et égal pour tous. Que les plus intelligents et les plus travailleurs l’emportent. Mais bien sûr c’est trop simple. Il y a un tel décalage de culture, d’éducation et de mode de vie entre les banlieues, la classe moyenne et les élites ! ces dernières sont tellement favorisées pour pousser leurs rejetons dans les grandes écoles, que l’on voit mal comment résoudre de tels fossés.

Pour les rejetons de la classe moyenne cela pourrait peut être fonctionner si l’on se décidait à remettre en place des systèmes de sélection efficaces, peut être même dès l’entrée en sixième, puis pour l’entrée dans le second cycle, et bien sûr à l’entrée des universités si la doctrine du bac pour tous continue à être appliquée et que l’entrée dans le second cycle n’est pas filtrée. On verrait arriver ainsi dans les grandes écoles les plus intelligents et les plus travailleurs d’une même classe sociale, le soutien des parents, très majoritairement secteur public et assimilés, serait à coup sûr sensiblement le même dans toutes les familles.

 

 Ce modèle ne résoudrait ni l’entrée dans les Grandes écoles les plus prestigieuses (ENA,X,HEC, etc…), ni le problème des banlieues mais il permettrait déjà de résoudre une partie importante du problème.

Pour les grandes écoles « prestigieuses », gageons toutefois que des filières parallèles issues d’un système universitaire très sélectif, et introduite au niveau master par exemple, commencerait toutefois à résoudre une bonne partie du problème de niveau égal entre tous les entrants, les meilleurs rejetons de la classe moyenne arrivant sans doute ainsi au niveau des bébés de familles ENA, X ou HEC.

Restent les banlieues et, là, les difficultés sont énormes . Zadig poursuivi : quelqu’un me soufflait un jour une idée intéressante : pourquoi ne pas encourager largement la discrimination positive comme à Sciences po pour toutes les grandes et moyennes écoles? Mais ensuite, travail approfondi, contrôle continu pendant trois ans, éliminations éventuelle tous les ans de ceux qui ne peuvent pas suivre et, pour finir, classements de sortie publics et connus de tous, la même rigueur valant dans  les quelques 200 grandes et moyennes écoles de France. En somme y entrer ne serait qu’une étape, il faudrait aussi en sortir, ce qui n’est certainement pas le cas actuellement, mais aussi en sortir au meilleur rang possible. Horrible système à la japonaise pour tous les enfants de France. Compétition encore et toujours, sélection et écrémage permanent. Qui pourrait bien vouloir d’un tel système aussi contraire à notre modèle dominant ? Ce serait pourtant le seul qui permettrait d’avoir des élites indiscutables puisque recrutées dans toutes les classes sociales et sélectionnées par les seuls critères des dons scolaires et du travail. Je serais même enclin à penser, me dit Zadig, que si, plus autonomes et plus indépendantes d’oukases politiciens, un certain nombre de grandes et moyennes écoles s’engageaient dans cette voie, le gros des troupes, pour garder son rang, ne tarderait sans doute pas à suivre et cela, tous comptes faits, pourrait peut être fonctionner.

Je n’étais évidemment pas aussi rêveur que lui et je ne pus manquer de sourire en lui disant « Eh bien mon cher Zadig, vous n’êtes peut être pas encore le meilleur connaisseur des us et coutumes de nos compatriotes »

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