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20 janvier, 2008

democratie américaine

Classé dans : Monde — elis @ 12:00

 19 janvier 2008

Zadig qui se remettait doucement d’un voyage outre atlantique m’aborda ce soir là par une réflexion songeuse sur la démocratie américaine :

« Etonnantes ces primaires US. Par leur suspense, mais aussi par ce qu’elles révèlent du fonctionnement de ce pays qui s’approche, dans ces âpres batilles, de ce que pourrait être une démocratie idéale.

Car pour être élu il ne suffit pas d’être riche, on peut même être relativement pauvre, être parti de peu et pouvoir quand même réussir.

Il ne suffit pas non plus d’être dans les instances dirigeantes d’un des partis dominants et donc d’y avoir été introduit à un niveau convenable assez jeune et ensuite d’y avoir fait carrière pendant longtemps, ce qui est le cas de la plupart des démocraties occidentales. Qui peut postuler à la présidence ou au poste de Premier ministre en France, sinon un membre dirigeant du PS ou de l’UMP ; en Allemagne, sinon un membre dirigeant e la CDU ou des sociaux démocrates, en Grande Bretagne, sinon un membre dirigeant du Parti travailliste ou des Conservateurs ?

Mais en Amérique, ce n’est pas le cas. Il suffit d’abord de partir d’un petit état, l’Iowa par exemple, d’y investir massivement de son temps et si possible d’y avoir trouvé des sponsors, et, grâce à l’éclairage médiatique qui vous illumine brusquement vous aller pouvoir, cas d’Obama par exemple, ou de Carter il y a 30 ans, devenir un candidat qui fait irruption dans la campagne sans que l’appareil du parti, ni ne vous ai adoubé, ni même ne vous ai vu venir 6 mois auparavant. Extraordinaire tout de même !!Que l’on compare avec la bataille des chefs au sein du PS ou de l’UMP que l’on voyait venir en France depuis des années. Une exception peut être avec Ségolène qui grâce aux medias et aux nouveaux adhérents et surtout à son sexe, a bien failli réussir son hold up. Mais la comparaison s’arrête là car une fois désignée par le parti, elle devenait automatiquement la seule candidate de la gauche. Rien de tel aux Etats-Unis. Dans le camp des deux grands partis 8 à 10 candidats s’affrontent , et cette fois c’est le peuple qui entre en scène et les médias ne font en général que suivre et compter les coups.

Le cas de l’Iowa une fois de plus est profondément instructif. Voilà un tout petit Etat, 2 millions d’américains sur 300 millions. Mais 400.000 habitants de l’Iowa vont participer aux caucus, réunions publiques à heures fixes et décomptes à mains levées, où, aux primaires, bureaux de vote et votes à bulletins secrets. Dans les caucus les militants de chaque grand parti s’affrontent pour désigner leurs favoris. Rappelons  qu’au départ, dans chaque parti, il peut y avoir 10 candidats ou plus.  Chaque citoyen dont le candidat n’a pas été éliminé, plus de 15% des voix, tente de rallier les autres à venir dans son propre camp. Discussions , mouvements de groupes, déplacements et au final décomptes par groupes. Apres les caucus locaux, il y aura les caucus de comtés pour enfin désigner le nombre de sièges de représentants pour chaque grand parti au niveau des Etats. D’un Etat à l’autre d’un comté à l’autre les règles varient. Mais ce qui compte au final, c’est qu’un très grand nombre de citoyens auront débattu sur les candidats possibles pour le parti et que le processus va s’étaler sur plusieurs mois. Redoutable épreuve pour les candidats mais chances quasi égales pour tous à cause de l’extrême variété des arènes, des rebondissements incessants, du long processus de désignation et du très grand nombre de citoyens impliqués. Enfin, last but not least, les représentants au congrès sont maintenant liés par un mandat impératif. Au niveau final, les débauchages ne sont plus possibles.

Un tel système qui donne une telle importance à la démocratie directe n’est peut être pas idéal. Il avantage les candidats les plus démagogiques ou les plus populistes et les victoires gagnées sur les bons sentiments et les idées simplistes mais il est à l’inverse redoutablement efficace pour favoriser le renouvellement des équipes dirigeantes. Bien malin qui saurait aujourd’hui qui sera le successeur de Bush. Un républicain ou un démocrate certes, mais lequel ? Le Nevada et la Caroline du sud nous apporterons  peut être ce samedi 19 janvier une réponse provisoire mais certainement pas définitive.

1 janvier, 2008

RETOUR SUR LE KOSOVO

Classé dans : Monde — elis @ 19:35

  

1er janvier 2008

En mai 2005, Zadig m ’écrivit: « Je viens de voyager dans les Karpathes et  la Tansylvanie. J’aimerais comprendre ce qui s’est passé au Kosovo ».  Il  notait :

D’un côté les méchants , les Serbes, responsables dit on du génocide des kosovars. De l’autre , les gentils Kosovars et la gentille communauté internationale,apparemment unie, dépossédant la Serbie de sa souveraineté légale sur le Kosovo et allant même jusqu’à bombarder violemment les Serbes pendant 30 jours pour clairement se faire comprendre. Depuis, statu quo: Milosevics emprisonné et jugé. Les criminels de guerre Serbes traqués. Et le peuple Serbe violemment critiqué par la communauté internationale  pour ses mauvais choix électoraux récents. Les méchants sont toujours les méchants.

Ce qui est troublant, c’est que depuis l’arrêt des hostilités il y a 5 ans, 250.000 serbes ont du fuir le Kosovo et que « confrontée à la violence des extrémistes albanais, la population serbe, dans quelques enclaves, survit à l’état résiduel, privée depuis 5 ans de presque tous ses droits ». 20000 soldats internationaux, ce qui n’est pas rien, s’efforcent de les protéger, tant bien que mal. Côté Kosovar, mafias, bandes armées et vrais criminels de guerre font régner leur ordre sans que celà n’émeuve apparemment personne.

Etrange tout de même. A croire que l’ONU et la communauté internationale toute entière, se serait fourvoyée dans ses choix ou encore que la belle histoire d’Epinal qu’on nous raconte n’est peut être pas tout à fait la bonne. A quel jeu ont donc jouer l’ONU, l’OTAN, la France et l’Amérique démocrate?

***

1er janvier 2008

En ce jour de nouvelle année 2008, je rencontrais de nouveau Zadig, qui n’avait pas revu depuis son dernier passage les régions d’Europe centrale, mais qui s’interrogeait toujours sur le sujet. Qu’on en juge puisqu’il me dit brusquement un soir après dîner :

«Aujourd’hui, 30 mois sont passés et le suspense continue sur l’histoire réelle du Kosovo et ce à quoi jouent les différents protagonistes du monde occidental.

Entre temps, jugé à La haye, Milosevic s’est fort opportunément donné la mort « par accident » alors que sa « culpabilité » dans le génocide se révélait de plus en plus difficile à démontrer au tribunal de La Haye (TPY, tribunal d’exception, créé uniquement pour l’ex Yougoslavie à l’image de celui de Nuremberg pour les nazis en 1945) Il se serait trompé dans ses pilules anti crise cardiaque ! Pourquoi pas mais tout de même assez troublant.

Quoiqu’il en soit aujourd’hui l’Europe semble vouloir en finir, réclame à corps et à cri l’indépendance du Kosovo (que la Russie de Poutine bloque encore à l’ONU, solidarité avec les anciens alliés du bloc de l’Est oblige) et veut seule assurer, au lieu et place de l’OTAN, la sécurité du territoire et la protection des 10% de serbes qui  demeurent encore dans quelques enclaves.

En fait, il parait assez clair que, pas plus que l’OTAN dans les années précédentes, l’Europe ne saura empêcher l’exode définitif des derniers serbes de la province. L’Europe démocratique aura enfin ce qu’elle semble rechercher, un premier état intégralement musulman (et, dit on mafieux) de 2 millions d’habitants au cœur de l’Europe. Se posera alors la question de l’Albanie, du Montenegro, de la Macédoine, et même de la Bosnie et des risques de contagion de nouvelles revendications ethniques dans toute cette partie du vieux continent.

« Je reconnais toutefois , me dit il,que les Kosovars sont déjà seuls maîtres de leur destin et que les serbes, et pour cause, ne dirigent plus rien dans leur ancienne province depuis que l’OTAN et l’Europe les en ont chassé à coup de bombes. Du coup,on peut se demander si les solutions de bon sens ne consisteraient pas :

 

  • A étudier sérieusement la partition du Kosovo:
    • Un petit bout au Nord, de souveraineté de facto Serbe, ou l’on regrouperait, avec de fortes incitations financières, les Serbes volontaires des autres enclaves du Kosovo.
    • Le reste du Kosovo sous souveraineté de facto Kosovar, comme c’est déjà le cas. Rien à changer ici en principe. Sauf qu’il y a fort à parier que les Kosovars ne voudront pas entendre parler de céder une enclave de 10% de leur territoire au Nord

 

  •  Promesses de rattachement à la Serbie pour la zone nord, et, d’indépendance et de souveraineté de jure pleine et entière pour la zone sud, dans des délais de 5 à 10 ans, sous réserve qu’un certain nombre de conditions soient remplies en particulier par les Kosovars.

 

  • retrait des troupes de l’OTAN de ces deux régions mais maintien sur place de très nombreux observateurs internationaux.

 

  •  Enfin, condition essentielle, les anciens belligérants sont requis d’assurer eux-mêmes la sécurité et le respect des droits de tous les étrangers résidents sur leurs zones respectives de souveraineté: serbes encore restés au Kosovo ou musulmans de l’enclave nord…. s’il en reste.

 

Ce serait donc une partition de fait, non de jure, mais une partition conditionnelle, étroitement surveillée dans les deux zones par les instances internationales et avec une obligation de résultats démocratiques indiscutables et sérieux avant que n’intervienne dans quelques années la reconnaissance définitive pour le Kosovo sud et le rattachement à la Serbie pour la parcelle du nord.

Sans doute s’agit il là d’un schéma trop simple et peu orthodoxe au niveau du droit international, ou du moins de ce que l’on s’attache à présenter comme tel. Mais il aurait l’immense mérite :

 

  •  de reconnaître implicitement que les intéressés sont toujours prêts à s’entre égorger et de prendre les dispositions adéquates pour que cela ne se reproduise plus.

 

  •  de retirer 20000 hommes de troupe du Kosovo et de faire d’évidentes économies et de moyens pour l’OTAN et l’Europe en particulier.

 

  • d’éviter, pour le moment, de nouvelles revendications ethniques dans la région puisque rien ne serait acquis ni pour les uns ni pour les autres, tout restant à prouver, en particulier par les Kosovars dont on ne sait trop ce qu’ils réservent à l’Europe, fussent ils musulmans et donc fortement recommandables aujourd’hui selon le prêt à penser des gouvernements européens.

 

Au fond finit il par me dire, en soupirant de lassitude, je crois que les sociétés multiethniques sont le seul modèle qui vaille aujourd’hui et qu’on est  prêt à l’imposer par la force même quand les peuples n’en veulent pas. Allons savoir pourquoi. »

 

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