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22 novembre, 2007

L’interruption des coches.

Classé dans : France — elis @ 16:33

 

L’interruption des coches

 

En ce temps là Zadig parvint dans un bien beau pays qui affichait depuis 10 journées une interruption de ses chars et carrioles publiques au motif que les cochers des susdits véhicules anticipaient un  « écornement » de leur belles et bonnes rétributions.

Certes le maître des coches, depuis trois mois, voyait, revoyait et palabrait avec les représentants des cochers mais apparemment rien n’y faisait, chacun se plaignant de ne toujours pas comprendre ce que l’autre voulait. Le maître des coches, qui régentait tout et tout dans ce très beau pays, avait annoncé des intentions louables, 40 ans d’activité pour tous, mais les cochers, qui pouvaient du jour au lendemain, stopper toutes activités circulantes dans le royaume sans qu’il leur en coûte, du moins en étaient ils persuadés, ne l’entendaient pas de cette oreille et eurent tôt fait de faire connaître au maître des coches qu’il n’allait pas tarder à comprendre de quel bois ils se chauffaient. Et c’est ainsi qu’assurés de leur pouvoir ils tenaient chaque jour leurs états pour décider à main levée d’emberlificoter tous les manants du royaume. Leur maître, au début, avait laissé entendre  qu’il n’irait pas à Canossa et qu’i l ne discuterait avec ces trublions que lorsqu’ils voudraient bien cesser leur stupide agitation mais, le temps passant, il en vint, semble t il à retourner sa veste et à déclarer publiquement qu’au fond, les cochers étaient de braves gens et que pour les dédommager de l’affront qu’il leur faisait subir , il ne manquerait pas de leur distribuer, le moment venu, ducats et sesterces.

Les cochers n’en attendaient pas moins mais méfiants ils continuaient leur mouvement attendant que les promesses se transforment en bonnes et vraies bourses sonnantes et trébuchantes.

Et c’est ainsi que Zadig se trouvait empêcher de voyager où et bon lui semblait.

Il demeurait toutefois fort étonné que les millions de manants, empêchés comme lui de se déplacer, ne montrasse guère de mécontentement et ne s’en prenne aux  cochers qui les empêchaient de travailler.

En fait ce peuple était fort résigné, habitué de longue date aux foucades des cochers publics et même souvent enthousiasmés par la résistance farouche et gouailleuse qu’ils savaient opposés aux pouvoirs au nom de la défense de l’intérêt général.

Et c’est ainsi que le prince du pays, qui savait fort bien cela, s’acheminait donc, sans complexe, vers une reddition en rase campagne. Et à Zadig qui demandait en s’en étonnant mais pourquoi votre prince ne donne pas aux manants les mêmes droits et les mêmes pouvoirs qu’aux cochers ce qui rendraient ceux-ci moins turbulents, les plus avisés lui expliquèrent qu’au fond ce peuple détestait les réformes , qu’il adorait l’immuable et que les droits acquis quelque fut leur fondement, leur semblait plus importants que toute tentative de révision de leur sacro saint modèle national auquel ils tenaient par-dessus tout en dépit de toutes les évidences et de tous les mouvements du monde.

Selon eux leur prince était donc fort avisé de n’y point trop toucher en dépit de ses promesses électorales.

Zadig s’enquit aussitôt d’un carrosse étranger qui voulut bien le reconduire à la frontière et s’en alla vaquer dans les contrées voisines ou, depuis fort longtemps, les droits des cochers avaient été justement encadrés.

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