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26 octobre, 2007

COLLUSIONS

Classé dans : France — elis @ 15:49

 Les faits révélés par « l’affaire Denis Gautier Sauvagnac (DGS) » sont particuliérement intéressants quant au fonctionnement réel, et le plus souvent ignoré, de la démocratie française.

Qu’apprend t on ?

  • Qu’un syndicat patronal -l’UIMM- avait constitué une caisse noire additionnelle-Epim, 0,4 pour 1000 de la masse salariale à partir de 2001 et 0,2 auparavant depuis 1972- aux cotisations habituelles de ses adhérents.
  • Epim concerne 1800 entreprises et 1,2 millions de salariés.
  • Les fonds recueillis, 290 millions, ont été utilisés à hauteur de 170 millions pour le « financement de divers organisations de la vie sociale patronale » ou pour « fluidifier les relations sociales » selon les deux déclarations officielles de représentants du Medef à ce jour. Les 120 millions non utilisés, bien placés, représentent aujourd’hui, une cagnote de 600 millions d’€.
  • 2 millions d’€ par an, en moyenne, pour des retraits en espèces.
  • Ceux ordonnés par DGS depuis sa nomination en en 1994 ont été révélés par Bercy et le systeme Tracfin qui signale à Bercy tous retraits en espèces anormalement élevés apparaissant dans le systéme bancaire français (lutte contre le blanchiment et la fraude)
  • Depuis la loi de 1884 sur les syndicats (patronaux ou ouvriers) qui n’impose aucune obligation comptable à ceux ci et pour lesquels toute opération « en nature » et sans aucune trace, est totalement légale, il n’y a aucun motif de poursuite ni pour l’UIMM ni pour DGS, ni aucune obligation de divulguer quoi que ce soit.

 

Quelles conclusions en tirer ?

  • D’abord que l’Elysee a probablement donné son feu vert pour la sortie de cette affaire en ce moment et que si ce n’est lui mais ses opposants il s’agit alors d’un coup à trois bandes particulièrement tortueux et difficile à comprendre
  • Que le Medef se grandirait en  « expliquant  » clairement à quoi a servi cet argent : formation syndicale, financement de la CSL et autres autonomes, et, bien sûr soutien aux patrons affrontant une grève pour qu’ils tiennent mais, pour tout cela, on serait effectivement dans un registre classique et somme toute compréhensible car il faut bien que le syndicat se défende. Si le Medef ne s’explique pas plus clairement on peut malheureusement soupçonné que ces fonds aient également financé de la corruption active : corruption de syndicalistes (achat d’une signature sur une convention collective) ou de députés par de l’argent passe muraille.
  • Mais est on sûr que cet argent n’a pas non plus servi à financer des syndicats ouvriers représentatifs ? FO par exemple . Les voies de la, corruption étant impénétrables il n’y aurait rien là de vraiment surprenant. Les syndicats n’ont pas besoin d’argent car ils sont riches( voir ci dessous) mais rien ne dit que quelques responsables syndicaux n’aient pas bénéficié des avantages du système.
  • Autre découverte : les syndicats sont riches et l’argent de toutes parts, sauf de la part des adhérents, coule à flot
    • Crédits de formation de leurs membres généreusement alloués par les collectivité territoriales et l’Etat
    • Subventions diverses parfaitement officielles…encore les contribuables qui payent
    • Et enfin, innombrables emplois de détachés permanents -indubitables « emplois fictifs » – payés par l’Etat et les entreprises publiques qui les emploient, les intéressés continuant tranquillement leur carrière à l’ancienneté comme s’ils travaillaient réellement dans un service opérationnel. Et cette fois ce sont évidemment les usagers qui payent.
    • Les chiffres sont inconnus, puisque aucune comptabilité n’existe, mais certains estiment, par des recoupements divers, entre 20 et 40000 le nombre de fonctionnaires ou agents des grands services publics « détachés » dans des fonctions syndicales
    • Tant et si bien qu’au final, les cotisations des adhérents  ne représenteraient que 15 à 20% des recettes syndicales.

 

Et c’est ici que les vraies questions se posent et que le vrai fonctionnement socio culturel de toute cette mécanique devient intéressant à « décortiquer ».

 

Rappelons nous la formule paraphrasant une célèbre définition de la démocratie: « La France est un gouvernement de fonctionnaires, par les fonctionnaires, pour les fonctionnaires »…. et de fait les conclusions s’imposent :

  • Les députés , constitués à 80% par des fonctionnaires ont-ils vraiment intérêt à changer le système? à l’évidence non. Leurs amis, leurs relations , leurs relais d’opinion, leur électorat, surtout s’ils sont de gauche, sont bien évidemment dans les syndicats. On ne va pas s’amuser à les brimer.
  • Pour les ministres c’est encore pire . Toutes leur troupes sont des fonctionnaires et celles-ci obéissent généralement aux mots d’ordre de leurs syndicats. On voit mal les ministres ne pas tenter de se concilier une telle puissance ou , à tout le moins, éviter de l’indisposer. Il fallait toute l’inconscience de Claude Allègre, un non professionnel de la politique, pour oser se payer le «mammouth»
  • Pour les cadres dirigeants des entreprises publiques , à tous les niveaux, qui sont généralement jugés ,au moins autant sur leur qualité à dégager de bons résultats, qu’à leur aptitude à entretenir un bon climat social et à éviter les conflits trop durs qu’en général on ne leur pardonne pas la logique est la même. Pour durer il faut entretenir de bonnes relations avec les syndicats, même quand votre ministre est gaulliste ou démocrate de progrès. Pour acheter cette paix sociale tout cadre dirigeant un tant soit peu ambitieux ne ménagera donc pas cette voie qui lui est toute offerte et ne se montrera pas trop regardant notamment sur les détachés syndicaux et autres petits arrangements entre presque amis.

 

Et c’est ainsi que la boucle est bouclée et qu’à tous les niveaux de la chaîne, le système ronronne calmement et s’auto entretient de lui-même : des syndicalistes heureux assurés d’une carrière paisible, des revendications, (légitimes au demeurant étant donné la fonction dévolue aux syndicats), pour augmenter salaires, primes et avantages divers dans le seteur public, des organisations rodées pour aller, lorsque c’est nécessaire, manifester bruyamment sur la voie publique avec le relai empressé des médias ( n’oublions pas qu’eux aussi dépendent le plus souvent des largesses gouvernementales quand ils ne sont pas eux-mêmes dans le service public). Et, le plus souvent, succès garanti, car en dernier ressort c’est le contribuable ou l’usager qui payent et que ceux-ci n’y verront que du feu.

Le système est intrinsèquement pervers mais difficile d’en accuser qui que ce soit. Il est tout simplement le fruit de tout système trop étatique et ne peut naturellement régresser qu’avec le recul progressif de celui-ci.

Une seule mesure s’impose néanmoins : faire entrer rapidement les syndicats professionnels, les ONG et les associations  dans le droit commun des sociétés privés quant à leurs obligations comptables : comptes certifiables et traces écrites à tous les niveaux pour les mouvements de fonds. On évitera au moins ainsi les manœuvres corruptrices et l’on entrera enfin dans l’économie du XXI° siècle. Laurence Parisot a eu totalement raison d’avancer cette proposition.

 

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