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15 mai, 2007

La France, l’Irak, les démocraties et le moyen orient

Classé dans : Monde — elis @ 15:42

  Février 2007

En France, la cause est entendue. L’invasion de l’Irak par l’Amérique de Bush a été une guerre impériale de plus , conduite par des américains avides de ressources pétrolières et se solde aujourd’hui par un immense fiasco et un bourbier dont les américains ne pourront se retirer que vaincus en laissant derrière eux un champ de ruine, non seulement en Irak mais partout dans le Moyen Orient. Leur intervention, gigantesque erreur, n’a fait qu’enflammer un Moyen Orient, qui sans cela, se porterait sans doute comme un charme ( c’est du moins ce qu’on peut en conclure). Plus une voix en France pour dévier de cette analyse, ne serait ce que d’un millimètre.

 Alors pour mon seul plaisir intellectuel et rappeler que Zadig, dans sa « naïveté », fut aussi un ardent défenseur de la pensée de « résistance » et qu’il ne voulait penser que par lui-même, tentons ici de résister à la pensée de masse. Les responsables, « en charge », ne peuvent s’en extraire,du fait même de leurs responsabilités ou de la résonance de leurs propos et de leurs écrits et c’est un phénomène dans lequel je vois de plus en plus l’une des causes essentielles des grands drames de l’humanité, type mouvement des lumières qui conduit inéluctablement à la Terreur en 1793 ou montée vers la guerre en 1914 au nom d’un nationalisme revanchard que  personne ne peut plus contester.

Je vais donc tenter de résumer ci-dessous comment Zadig 007  voit la situation de l’Irak et du moyen Orient et comment il pense que devrait se dessiner l’avenir.

 

  • 1. Le Moyen orient, dans les 10 années qui viennent et même sans doute plus, sera encore et toujours le fournisseur essentiel de l’énergie mondiale, et donc le moteur exclusif de la croissance mondiale. La propension de cette région du monde a résisté à toute tentative de subversion par la Chine, l’URSS ou un islamisme fanatique et violent à la mode Khomeini ou des gardiens de la révolution iraniens, est donc le seul élément majeur à considérer. Sous cet angle d’analyse les risques se sont ils accrus avec la chûte de Sadham?
  • 2. Je réponds catégoriquement non! 130000 soldats US sont en Irak, 50000 au moins dans les émirats. La 6 ème flotte US contrôle non seulement le détroit d’Ormuz mais tous les mouvements de l’océan indien depuis la Corne de l’Afrique jusqu’aux abords de Formose en passant par le détroit de Malacca, ce qui assure aux énormes flottes du commerce mondial une sécurité indispensable. Un redéploiement des forces US dans le monde a été effectué, à la suite de l’intervention irakienne, qui assure désormais à toute cette région un bouclier incomparable, dont l’Europe, en particulier,précédent bénéficiaire de la protection US, n’avait plus réellement besoin.
  • 3. Du coup la sécurité des alliés de l’Amérique au Moyen orient est bien mieux assurée. Et ces alliés sont plus nombreux aujourd’hui et sans doute plus sûrs qu’ils ne l’étaient hier car confortés maintenant par une présence immédiate des forces américaines, ce qui exclut tout risque de renversement par surprise à la mode iranienne comme cela s’est produit en Iran au moment du départ du Sha. Il y a certes l’Irak qui pose encore un grave problème. Mais ce n’est pas l’explosion quotidienne de voitures piégées et le meurtre de pauvres civils qui menacent réellement le pouvoir de Bagdad tant que les américains demeurent présents. Et ailleurs, les alliés «sûrs» de l’Amérique et donc de l’Europe, sont de plus en plus nombreux et bien en place. Il y a d’abord Israël dont la présence s’impose de plus en plus comme définitive aux yeux des dirigeants arabes «modérés». Il y a ensuite les émirats (qui ne craignent plus Sadham), la Turquie,l’Egypte, la RAU, la Jordanie et la moitié des dirigeants libanais en dépit de la présence toujours menaçante de la Syrie et du Hezbollah. Il y a enfin l’Afghanistan, bien sûr avec ses zones de bandes et d’islamistes fanatiques aux bordures montagneuses du Pakistan, mais, pour autant, c’est aussi un pays qui progressivement avance vers une vie moins moyen-âgeuse qu’au cours des 50 années écoulées? Au bout du compte, cela fait beaucoup de forces de progrès dans tout le Moyen Orient. Et ce n’est pas la Syrie, acculée, enfermée, qui constitue aujourd’hui une vraie menace pour la région. Elle peut encore infiltré des djihadistes en Irak ou au Liban et leur servir de base arrière mais son rôle s’arrête là.
  • 4. Aujourd’hui même (10 fevrier 2007), un progrès hier encore impensable, a vu les frères ennemis palestiniens du Fatah et du Hamas conclure un rapprochement à l’ initiative de la RAU… en attendant sans doute que celle-ci propose à nouveau ses bons offices dans le difficile dossier Irakien.
  • 5. Le vrai problème qui subsiste dans la région c’est que le jour ou Sadham est tombé, comme partout dans le monde lorsque une dictature impitoyable s’effondre, (pensons à l’ex Yougoslavie), les conflits ethniques, longtemps étouffés par la terreur, se réveillent. En Irak, Kurdes mais surtout Chiites, ont cru leur heure venue, de prendre enfin le dessus sur leurs ennemis héréditaires. La démocratisation voulue par les américains , n’a fait que confirmer les découpages ethniques et la victoire apparente des Chiites démographiquement majoritaires. Poussés par les nations arabes sunnites, en premier lieu la RAU, les américains tentent de redonner leurs chances aux Sunnites : réintégration dans les forces de sécurité du nouvel Irak, partage des ressources pétrolières en fonction de la population de chaque zone , bonne représentation dans le gouvernement Maliki en place maintenant pour 4 ans. Y aurait il solution plus pragmatique ou plus intelligente que celle tentée actuellement? Je ne le pense pas. Les suggestions des démocrates américains ou du quai d’Orsay, de dialoguer avec l’Iran ou la Syrie pour résoudre les problèmes de l’Irak sont assurément de la plus haute fantaisie. Comment demander aux incendiaires de venir éteindre l’incendie alors que ceux-ci ont tout intérêt à ce que la région s’embrase afin qu’ils puissent jouer un rôle déterminant dans le contrôle des ressources pétrolières de toute la région-avec dissémination nucléaire à l’appui-et alors qu’ils sont plutôt actuellement isolés et sur la défensive depuis la chûte de Sadham et des Talibans en Afghanistanet que ce n’est vraiment pas le moment de les présenter comme des «grandes puissances» et comme des interlocuteurs incontournables dans la Région?
  • 6. Le vrai problème de l’Irak n’est d’ailleurs pas, selon moi, ou l’on croit. Il est d’abord aux Etats-Unis. Sans la pression des démocrates pour déboulonner les républicains et sans la caisse de résonance médiatique et les vrais succès psychologiques – en terme d’influence sur les opinions américaines et mondiales pour les rebelles (mais je préfère dire les tueurs) -que représente chaque tué US ou chaque voiture piégée qui explose en Irak, dont on nous rend compte quotidiennement avec une scrupuleuse exactitude (on se demande d’ailleurs pourquoi, pour qui et par quels canaux, car cela ne peut pas être innocent), il y a sans doute «belle lurette» que le problème serait résolu. Gageons que lorsque les forces Irakiennes pourront «muscler» leurs interventions et que les médias occidentaux ou irakiens ne seront plus là pour en rendre compte la «rébellion» sera rapidement vaincue.

 

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